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22/01/2021

Paris.

Il nous arrive d'oublier la rue des Abbesses et d'aller rue de Lévis.

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La rue de Lévis, c'est ma rue depuis toujours.
Je suis allée en classe avec la plupart des filles des commerçants de cette rue.
Si j'en croise une, je suis sûre de ne pas la reconnaître.

Nous y avons nos habitudes.
Peut être devrais-je écrire "nous y avions" nos habitudes.
Hélas, notre café est fermé, comme les autres, et nous ne pouvons plus nous installer et regarder passer le passant qui passe.
Nous ne pouvons plus gloser sur certaines sexagénaires qui de dos ont une petite quarantaine et de face une figure à faire peur.

Je peux juste aller au Monoprix avec ses deux entrées, me ravitailler en eau d'Avène.

Mais surtout, lorsque je vais là bas, je fais une cure de Jouvence.
Je n'ai plus de famille dans le coin.
Ma dernière famille, une tante du côté de mon père, une authentique mauvaise, a rejoint ses aïeux.
Je ne la voyais pas mais j'aimais en passant voir son nom sur l'interphone.
Le temps avait passé pour elle aussi, ses commerçants avaient disparu.
Elle s'était alors trouvée coincée entre un boucher casher et un traiteur casher.
Alors qu'elle refusait de me parler de "nos origines" !

14/01/2021

La vie d'avant.

Un jour, on retrouvera notre vie d'avant et on râlera aussi.

Aujourd'hui dès vingt heures voire avant, la rue est vide.
Si ce n'était pas l'hiver, on pourrait dormir la fenêtre ouverte et le matin, les gamins du collège, masqués, ne font pas de bruit.

À Paris, on dort.
Enfin... Si on a un bon sommeil, ce qui n'est pas mon cas.

On ne voit plus de traînées blanches dans le ciel et pour cause : Il passe un avion tout les jamais.

Paris n'est plus une tour de Babel.
Lorsque rue des Abbesses, les gens se "piquent la ruche" au vin chaud et chantent à tue-tête dès quatre heures de l'après midi, c'est du local.
Bon c'est du local qui ne porte pas le masque et contamine son voisin mais en français.

Un jour, je ne sais pas quand car je ne suis pas une diseuse de bonne aventure, on reprendra notre vie d'avant.
Là "ça va nous faire drôle" !
On verra de nouveau dans ma rue un concierge secouant ses clés et conduisant son troupeau.
On entendra de nouveau dans ma rue le bruit des roulettes sur les trottoirs.
On entendra de nouveau les fêtes sauvages et le bruit de verre des bouteilles jetées par les fenêtres et s'écrasant dehors.

Les touristes seront partout.
Les expositions feront le plein et il sera difficile d'accéder au salon de thé.

Les commerçants redeviendront mal aimables.
Le Français se plaindra.
La vie reprendra son cours et les nuisances aussi.
Vous verrez que par moment on regrettera le temps du Covid...

covid, Paris, la vie d'avant

10/12/2020

Bizarre, vous avez dit bizarre comme c'est étrange.

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On vit une année étrange.
2020 et probablement 2021, resteront des années entre parenthèses.

Une année sans musée, avec une seule exposition sur Turner.
Le gâteau du salon de thé valait lui le déplacement.
Quelques restaurants avec des amis.
Un dîner chez d'autres amis dans le Marais.
Deux fêtes "d'anniversaires groupés" pour cinq personnes et c'est pratiquement tout.
Ah si ! J'allais oublier cette parenthèse super chouette : Les vacances chez ma soeur avec les petites et le Goût !

Je ne suis pas malheureuse même si les toilettes des Galeries Lafayettes c'est quand même limité comme sortie...
J'ai l'impression d'avoir une annexe là bas.

Alors hier, lorsque nous sommes allés à la mairie où nous sommes restés deux minutes et que nous avons emprunté la rue du Poteau, j'ai eu l'impression de partir à  l'aventure.

Ne rêvez pas ! Comme partout, seuls les commerces de bouche sont ouverts.
D'ailleurs la rue du Poteau est vivante parce que le Parisien, même confiné, se nourrit...

Je me suis arrêtée devant les volaillers, j'ai regardé les poireaux, j'ai fait un trottoir, puis l'autre, l'aventure pas loin de chez soi.

J'ai trouvé la baguette délicieuse.
Elle venait d'ailleurs.

L'aventure est au coin de la rue.
On devient touriste à côté de chez soi.

05/12/2020

Paris sur épidémie.

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C'est drôle, nous nous méfions davantage depuis le deuxième confinement que lors que premier.
Ce dernier avait le mérite d'être clair : Tout le monde à la maison, les animaux étaient les rois de Paris, il faisait beau et pas de voitures.

Ce deuxième confinement ne ressemble à rien.
Des embouteillages, des gens non masqués et des fêtes clandestines, des chiffres qui ne baissent pas vraiment sur Paris (il faut chercher pour trouver).
Ce n'est pas vraiment encourageant.

Pour la première fois, et je déteste ça, je me suis beaucoup servie du Net.
Je n'achète la viande que chez le boucher -et on ne mange pas beaucoup de viande-.
Je n'achète les fruits et légumes chez un producteur local et ma baguette chez des bons boulangers.
Heureusement, ce n'est pas ce qui manque dans le coin.

Il y a quelques jours, le Goût avait acheté un petit rôti.
Au moment de le faire cuire, il lui trouve une sale odeur, notre repas du soir a fini à la poubelle.

Il a téléphoné au boucher car il ne voulait pas lui dire à haute voix dans la boutique et il lui a signalé qu'il a dû jeter son rôti..
Hier, nous sommes allés chez lui chercher de quoi nous nourrir.
Élégamment, il nous a dit "zéro €uros" pour les produits.
Nous n'avons rien payé et en guise de dédommagement, nous avons reçu un pâté maison au piment d'espelette.

J'ai bien aimé le geste, et pourtant, nous sommes des petits clients.
Il est vrai que nous préférons peu mais bon.

Je n'ai malheureusement rien de plus palpitant à écrire...
Je lis mais je n'ai pas envie de faire des critiques de mes lectures.
Je regarde petitement la saison 4 de Crown, je veux la faire durer...

28/11/2020

Aménagement du confinement. Saison 2

paris,sacré coeur,rue lepic

Je n'aurais jamais pu, comme Gérard Lenorman, chanter "Si j'étais Président".
Ça ne me tente pas, surtout depuis que le nôtre a causé.
À partir d'aujourd'hui on a le droit de faire vingt kilomètres et de se promener pendant trois heures.

Premier réflexe, se dire "chic !"
Mais j'ai beau aimer le Sacré Coeur, cette énorme pâtisserie en haut d'une colline.
Aimer prendre la rue Lepic, puis la rue des Martyrs, passer devant chez Michou où le bleu a disparu.
Cela dit, au bout d'un moment, je n'en peux plus de parcourir les mêmes rues mais il faut bien marcher.

Aujourd'hui, j'ai donc prévu de changer de coin.
Hélas les bars, les hôtels et les restaurants restent fermés.
Re-hélas, je n'ai pas une autonomie de trois heures et faire pipi sur le gazon dans Paris reste impossible.

Donc même en partant le coeur joyeux, la fleur au sac-à-main, la nature se rappellera à mon souvenir...

Je suis sûrement paranoïaque car les politiques ont sans doute prévu ces détails, eux qui ne sont pas soumis aux mêmes restrictions en matière d'accès aux toilettes.