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02/12/2016

la midinette de mon arrière-grand' mère

paris avant,arrière grand'mère,souvenirs


Il ne se passe pas un jour sans que j'aie une pensée pour mon arrière-grand'mère.

Celle qui nous a aimées.
Celle qui m'a gardée pendant que ma mère avait déserté le domicile conjugal.
Celle qui nous appelait "mes petits rayons de soleil".
Celle qui m'envoyait en haut de la rue Poncelet pour acheter ses œufs.
Celle qui m'envoyait à l'angle de la rue de Prony pour acheter son pain.
Et la rue de Prony est loin de la rue Poncelet...

Mon arrière-grand' mère avait "une Midinette" .
Elle avait une cuisinière à gaz comme tout le monde mais elle préférait faire des "petits plats" sur sa Midinette.
Elle qui détestait la campagne, qui y avait vécu une triste jeunesse, en avait gardé l'habitude de cuisiner sur sa Midinette.
Elle mettait pour  nous un poulet dans le four de la Midinette et y faisait cuire ses meilleures pommes de terre.
Elle y faisait aussi pour nous des pommes au four et du pain perdu...

Je n'ai jamais retrouvé le goût du pain perdu de mon arrière grand'mère.
Il avait le parfum de l'enfance et de l'amour partagé.

Je revois mon arrière-grand' mère, toute petite mais droite, s'endormir en lisant le Parisien Libéré qu'elle continuait à appeler  le "Petit Parisien", ce journal que je devais encore aller chercher dans un endroit bien précis.

C'est à cause du Goût que mes souvenirs remontent...

01/12/2016

Le jour où j'ai arrêté de croire au Père Noël.

Une veille de Noël, j'ai arrêté de croire au Père Noël.
Depuis, j'ai beau faire des efforts, je n'y crois plus...

J'ai dû croire longtemps puisque quand j'ai cessé d'y croire, ma plus jeune sœur était née et nous avons sept ans de différence.

Enfin, je croyais moyen...
Je craignais, si j'annonçais mon manque de foi envers le gros bonhomme rouge, de ne plus recevoir de cadeaux.

Un vingt-quatre décembre, nous étions couchées et je me sentais malade.
Je voulais du sirop alors je me suis levée et j'ai cherché ma mère.
Je l'ai trouvée.
Elle était en train de poser les cadeaux au pied du sapin...

J'ai dû promettre de ne rien dire à ma sœur cadette.
La promesse fut tenue, enfin je crois.
J'ai peur de ne pas avoir résisté avec ma sœur du milieu...

Aujourd'hui, Merveille fait croire à ses parents qu'elle croit toujours au Père Noël.
Elle veut les protéger.
Elle est persuadée qu'eux en ont besoin...

Père Noël, attente, croyance

 

 

30/11/2016

La dernière séance.

Hier soir, après un après-midi agréable dans Paris, j'ai regardé un très beau film sur Arte "Le procès de Viviane Amsalem" ou le divorce impossible.

J'ai entendu, lorsque je vivais à Tel-Aviv, la déclaration d'indépendance de l'Etat d'Israël.
C'était censément un état laïc, ouvert à tous, et la religion y était une affaire privée.

Comme partout, la loi a été "légèrement" dévoyée...

De nombreux Israéliens vont se marier à Chypre pour éviter le mariage religieux.
Ils n'ont pas d'autre choix, le mariage civil n'existe pas.

Viviane Amsalem veut divorcer, son mari ne veut pas.
Tous les deux ou trois mois ils se retrouvent devant un tribunal rabbinique.
Chaque fois son mari refuse.

Viviane Amsalem est prête à tout accepter pour recouvrer sa liberté.
Prête à ne pas se remarier, à vivre sous surveillance.
Mais le mari blessé dans son orgueil de mâle refuse.

C'est un très beau film qui montre les deux facettes du pays.
Un modernisme effréné d'un côté.
L'emprise des religieux de l'autre.

Si Arte le rediffuse, regardez.

télévision, film, soirée

29/11/2016

Les transports en commun.

Bruit, téléphone portable, transport en commun

Oui, je sais, c'est affreux mais j'ai connu l'époque où les téléphones portables n'existaient pas.
Je peux vous dire que 
c'était bien !

Mon premier téléphone portable, je l'ai eu à Tel-Aviv.
Avant et pendant la deuxième "Intifada".
Il servait à rassurer, "Non ça va, je suis vivante, on n'a pas sauté avec le bus".

Depuis qu'on est revenu, j'en ai un autre, un collector, un "à clapet".
Il ne me sert pas à grand chose, à la maison, j'ai un vrai téléphone et dehors avec le bruit ambiant, je ne l'entends pas...

J'ai beaucoup lu dans les transports en commun, mon Télérama, Libé du temps où c'était un vrai journal et des livres.

Aujourd'hui, j'ai toujours un livre dans mon sac, en ce moment, c'est "Le secret du mari".
J'aime bien mais je n'arrive plus à lire dans les transports en commun à cause de ces fichus téléphones.

On voit les joueurs, ça fait du bruit et je reste à regarder hébétée, les petites boules exploser.
On trouve les menteurs, ceux qui disent qu'ils arrivent à Saint-Lazare alors qu'ils sont encore sur le quai.
On entend les bruyants qui n'arrêtent pas du trajet.
Les mariés mais pas ensemble qui se regardent et s'embrassent à l'arrêt du bus.
Puis l'homme s'en
va retrouver sa légitime tandis que la back street assise en face de moi l'appelle dès que le bus démarre.
Et la conversation durera jusqu'à ce que je descende...

Je ne lis plus dans les transports en commun.
J'observe, j'écoute et je regrette le temps où je pouvais lire tranquille sans entendre parler du menu de ma voisine...

28/11/2016

T'en souviens tu ?

jeu,lakevio,épicerie,mémoire

Regarde ! La petite épicerie de notre enfance est fermée.
Tu crois qu'elle est morte ?

Tu dis qu'elle était vieille mais lorsque nous étions petits tous les grands nous semblaient vieux.

Oui, je sais, elle n'avait pas le genre du coin...
Je crois me rappeler qu'elle venait d'Espagne ou du Portugal.
Tu te souviens de son accent ?
Et ces sacs de jute remplis de haricots, de lentilles, de noix ou de riz ?
On devait se servir avec la "petite pelle", on en prenait toujours trop.

Elle vendait aussi du jambon, un peu de fromage, des œufs, c'était pratique pour maman.
Et puis quelquefois maman nous faisait redescendre, on détestait ça.
On descendait toujours toutes les deux car Danièle ne voulait jamais venir avec nous.
Elle habillait ses poupées ou lisait dans son coin et elle profitait de notre absence pour se plaindre de nous...

Parfois il restait un peu de monnaie alors on courait à la boulangerie s'acheter quelques bonbons.
Chaque fois, on espérait qu'elle ne s'apercevrait de rien.
Maman nous menaçait de tout raconter à papa.
Nous n'étions pas malignes ! Arriver à la maison en sentant le carambar...

P
ersonne n'a jamais repris cette épicerie...