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29/04/2018

Histoire d'eau.

bruxelles,paris,eau

Lorsque la boîte israélienne du Goût nous a expédiés à Bruxelles pour mieux nous plumer, elle avait d'abord choisi Amsterdam.
Mais le néerlandais après l'hébreu, je trouvais ça un peu décourageant alors nous nous sommes retrouvés à Bruxelles, que j'adore depuis toujours.

Pendant que le Goût était encore à Tel-Aviv, en épouse dévouée je cherchais un appartement en Belgique.
« Uccle ou Ixelles ! » avait précisé le Goût.

J'ai trouvé !
Un trottoir à Uccle, l'autre à Ixelles sur une chouette avenue.

L’immeuble n'était habité que par des Français.
Je laisse de côté un Américain au premier étage.
Bon, on était trois couples de Français, l'immeuble était petit et ne comptait qu'un appartement par étage.
Notre appartement était grand et presque vide car nos affaires d’Israël ne sont arrivées que bien après notre retour à Paris.
Nos propriétaires étaient riches.
Ils étaient surtout rats au point, lorsqu'ils devaient changer une ampoule, de passer la nuit sur place dans une chambre de bonne pour ne changer l'ampoule qu'au matin.
Avec la Française du premier, aussi désœuvrée que moi, nous avions décidé d'explorer les chambres de bonne qui étaient normalement vides.
Une de nos clefs nous a permis d’ouvrir les portes.
Nous avons trouvé celle qu'ils occupaient parfois.
Avec stupeur nous l’avons découverte couverte de croix gammées, de slogans et d’affiches antisémites.
Nous étions écœurées mais obligées de nous taire car nous étions entrées sans autorisation.
Je vous raconterai la suite et les histoires d’eau un autre jour…

 

27/04/2018

Insensiblement...

Si tu t'imagines fillette, fillette, que ça va durer toujours, ce que tu te goures...

Bien sûr qu'on s'imagine que ça va durer toujours !
On cavale, on porte des cartons, on fait des batailles de boules de neige avec son gamin, on grimpe les escaliers quatre à quatre.
Et évidemment qu'on s'imagine que ça va durer toujours !

Le temps passe.
Le gamin se marie.
Il a des enfants.
On tient encore le coup avec la première Merveille.

Puis six ans après, arrive P'tite Soeur.
Les deux premières années, on ne s'aperçoit de rien, Merveille vient toujours seule chez Papy et Mamie, la petite détourne la tête lorsqu'elle nous voit.

Merveille joue à saute moutons sur les colonnes de Buren, mange une glace passage Vivienne et si on évite les miroirs, on se sent toujours jeune.

Bon, le matin, j'émets quelques "aïe" car la machine est un peu grippée.
Mais c'est bien connu, si à partir de cinquante ans, un matin
 on n'a pas nulle part, c'est qu'on est mort.
Depuis, on a les filles, les deux, c'est un lot.
Si on veut un peu d'harmonie, on finit toujours par prendre une fille chacun pour permettre à chacune de choisir son activité.

Je me retrouve souvent au jardin avec P'tite Sœur, à quatre ans et demi, on a des goûts simples.

On finit la journée sur les rotules, on a vieilli.

Le Goût tousse, il a dû attraper ça chez le médecin, ça lui fait mal sur le côté, ma hanche réclame du titane.
On refuse même de se regarder dans la glace de l'ascenseur car on ne se reconnaît plus.

On continue à trouver la vie chouette.
C'est peut être qu'on commence à perdre la tête mais on s'en fiche.
On est heureux.
Pourtant, on n'a jamais été cantonnier...

Age, douleur, Juliette Gréco

25/04/2018

Les petits riens de la vie.

Nous sommes allés chez le médecin.
Nous sommes passés par la gare Saint Lazare.
D'abord pour acheter des tickets, puis rejoindre l'arrêt du 20.
Nous avons vu un seul train, pas de foule, pas de journaliste et les quelques personnes qui étaient là ne montraient aucun signe d'agacement.

Je ne me prononcerai pas sur les motifs de cette grève ni sur sa légitimité car je suis une privilégiée qui ne travaille pas et peut prendre le bus pour aller chez les enfants.

Arrivés chez le médecin, celui-ci a ri lorsqu'il m'a vue.
Ses premiers mots ? 
"Les pollens sont de retour" !

Il n'a pas été plus compatissant avec le Goût, qui doit se faire retirer une hernie, souvenir probable de notre dernier déménagement...

"Truc de vieux" lui a dit le médecin.

Depuis notre retour d'Israël, et ça commence à dater, il est notre médecin traitant.
Il était très distant, je le préfère aujourd'hui.

Sinon, l'Ours et sa famille ont déménagé. Ils n'ont pas choisi la facilité.
JJF a un pied dans le plâtre, Manou est fatiguée, les filles sont énervées mais tiennent à être présentes.
Ils vont avoir un jardin, plus de place et vivront dans une rue calme.
L'Ours m'a dit au téléphone " Je déteste déménager, je suis sûr que c'est à cause de vous ! Vingt deux déménagements depuis ma naissance, ça calme !"

Pauvre petite misère, va !
Nous, on regarde toujours les annonces immobilières.
On ne sait jamais...

Grève déménagement médecin

23/04/2018

Journal

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1) Commencez impérativement votre texte par la phrase suivante : « Notre première expérience, chose remarquable, est celle d’une disparition. » Emprunt à Lou qui nous raconte sa Vie.
2) Terminez impérativement votre texte par la phrase suivante : « Referme un instant sur le monde la porte et la fenêtre, tourne-toi vers le journal pour toutes ses notations musicales, et commence un autre roman. » Emprunt à Anaïs qui écrit son Journal.

Voilà...
Notre première expérience, chose remarquable, est celle d'une disparition.
Salomé ferma son livre, d'ailleurs il n'en restait que les notes à lire.

Une disparition ? Laquelle ?
Celle de sa mère qui, malgré ses pleurs, disparut le premier jour d'école maternelle ?

Celle de son innocence ?
Oui, la trahison le jour où son premier amoureux, toujours à la maternelle, partit avec son goûter.

Une disparition ? La mort de sa grand'mère adorée !
Celle qui comprenait son besoin de liberté, celle permettait à sa petite-fille de faire des choses qu'elle avait interdites à sa mère.

Une disparition ? Celle de sa virginité...
Ce ne fut même pas un traumatisme, simplement une expérience avec un amoureux décevant.

Toute notre vie est disparition !
Même les "e" se font la belle chez Pérec.
Pire, notre jeunesse disparaît un jour, permettant malgré tout une apparition dans cet océan de disparitions : L'apparition de la première ride...

Salomé soupira et repris le journal d'Anaïs Nin qu'elle avait posé sur la table.
Elle en lut une phrase au hasard :

Referme un instant sur le monde la porte et la fenêtre, tourne-toi vers le journal pour toutes ses notations musicales, et commence un autre roman.

 

21/04/2018

Avril à Paris, les arbres en fleurs, c'est bien mais pas que.

allergie,pollin,nez bouché,yeux qui pleurent

Le printemps, les petits oiseaux.
De moins en moins de petits oiseaux mais ce ne sont pas les pesticides qui éliminent leur nourriture.
Il paraît que ce sont les chats, ces dangereux exterminateurs.

Si je me réfère à Balagan, née au pays du miel et du lait, je doute.
En quatre ans, elle n'a pas été fichue d'attraper un seul oiseau.
Pas plus un mulot.
Elle pouvait tout juste donner un coup de patte à des "dukes", ces énormes blattes moyen-orientales, lorsqu'ils passaient à un train de sénateur.
Je sais que le Goût va râler car je vais pousser une longue plainte...
La longue plainte de l'allergique qui a souffert du rhume des foins dans sa jeunesse puis d'asthme, plus tard.
Et je râle car chaque matin je me traite.
J'avale un comprimé d'antihistaminique.
Et que fait-il ce cachet miracle ?
Rien ! Nada ! Klum ! Nothing ! Nichts ! Niente !

Depuis que le soleil est revenu, je pleure, j'ai le nez bouché, je geins !
On dirait P'tite Sœur dans sa plus belle veine de tragédienne... 

Je me pose toutefois une question, à quoi servent tous ces médicaments qui finalement ne masquent même pas toujours les symptômes mais en aucun cas ne vous guérissent.