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16/05/2022

Devoir de Lakevio du Goût N° 123

Aldo Balding (218).jpg

À quoi pense donc ce jeune homme si bien cerné par Aldo Balding ?
J’espère en savoir plus lundi…

Ce garçon semble triste comme un jour sans pain.

Première hypothèse : Il vient de recevoir sa lettre de licenciement.
Il travaillait depuis cinq ans dans la même boîte et vient d'acheter un appartement.
Il s'est mis vingt ans de crédit sur le dos.

Deuxième hypothèse : Il vient de voir son médecin.
Lequel lui a confirmé ce qu'il craignait déjà.
Il souffre d'une leucémie à un stade avancé.

Troisième hypothèse : Il vient de rompre.
Plus exactement, il vient d'être prié de faire ses valises par sa compagne.
Il est juste anéanti.

Pfff... Rien de tout cela n'est vrai !
Il a juste chaud, très chaud !
Il habite sous les toits et attend avec impatience l'arrivée de la pluie qui lui permettrait enfin de dormir à la tombée de la nuit.
Pour l'instant, il profite de la faible bruine dispersée par la fontaine.
C'est la seule chose qui l'empêche de mourir de chaleur.

Voilà, c'est tout...

09/05/2022

Devoir de Lakevio du Goût N°122

Rue-plus-courte-de-Paris.jpg

À la demande générale de deux personnes, je vous propose donc un « devoir de Lakevio du Goût ».
Et je remercie Alainx et Pivoine de leur intérêt pour ces « devoirs ».
Vous est-il arrivé d’emprunter une rue aussi courte que la « Rue des Degrés » ?
J’espère que vous avez une histoire pas trop brève à raconter sur une rue brève.
J’aimerais aussi que cette histoire commençât par :
« Hier, il ramassait les miettes de pain tombées sur son pantalon, par terre, en faisant des efforts énormes. »
Et qu’elle finît par :
« Nous étions debout sous la pluie, parmi les provisions de bouche. »
À lundi donc, si vous voulez…

Hier, il ramassait les miettes de pain tombées sur son pantalon, par terre, en faisant des efforts énormes.
Il faisait toujours des efforts énormes...
Déjà pour garder son travail chez Boulinier.
S'il aimait les livres, il aimait moins son travail.

Il faut bien constater que Boulinier n'attirait plus les foules.
Toutes les librairies du groupe avaient été vendues, le groupe dispersé.
Vous connaissez sans doute les conséquences de ce genre de vente.
On compresse surtout les salaires, on écrase le personnel et on fait trimer deux fois plus ceux qui restent.

Alors, il n'allait plus déjeuner au café pendant sa coupure.
Il mangeait assis sur les escaliers en regardant passer les forçats du tissu ployant sous le poids des rouleaux et il comptait les années qu'il lui restait à travailler.
Il n'était pas le seul à vouloir vieillir pour enfin vivre.
Il retournerait vivre en Creuse.
Il ne craignait pas l'ennui.

A force de le croiser, nous discutions parfois avec lui.
Il pleuvait peu sur Paris mais ce jour là, une averse soudaine survint et nous surprit.
Nous étions debout sous la pluie, parmi les provisions de bouche...

24/01/2022

Devoir de Lakevio du Goût N°112

Devoir de Lakevio du Goût_112.jpg

Encore une toile de Marc Chalmé.
Est-ce un nième épisode de « L’assommoir », simplement le lever du jour devant un bistrot ou autre chose ?
Pendant que je me remets aux cartons avec la lumière de mes jours, j’espère que vous aurez une explication à nous donner lundi.
Je passerai en retard mais je passerai…

Mince, je suis fichu !
Je croyais rentrer discrètement, me glisser dans le lit, m'endormir enfin et faire l'innocent au matin.

Il faut dire que j'ai exagéré, je n'arrive pas à quitter Juliette...
Elle a la peau si douce, elle n'est jamais fatiguée, elle veut toujours et pleure lorsque je rentre chez moi.

Bien sûr, je lui ai dit que j'allais quitter ma femme.
On dit toujours ça.
Bien sûr, sur le moment on le pense...
Sa peau est si douce, elle me veut.

Et puis dès que je passe la porte de la maison, Jules me saute dans les bras, me demande si samedi j'irai le regarder jouer au foot.
Marie me dit que je travaille trop, qu'elle m'a préparé un boeuf aux carottes, mon plat préféré, même Crapule le chien me fait la fête.

Lorsque Marie me sert, qu'elle me parle des prochaines vacances, des progrès de Charles en math, je me sens heureux.
Je n'ai plus aucune envie de les quitter tous.
Je culpabilise de la tromper mais le lundi lorsque j'arrive au bureau et que je sens le parfum de Juliette, j'oublie toutes mes promesses.

Pour l'instant, je me demande ce que je vais encore lui raconter...

19/04/2021

Premier job ou première deception ?

devoir de Lakevio du Goût_78.jpg


Elle fait une drôle de tête...
Est-elle indécise face au menu ?
Est-elle indécise sur la conduite à tenir ?
Est-elle triste ou en colère ?
J’espère en savoir plus lundi.
À vous de jouer !
Bon, à moi aussi...

Elle a postulé pour un premier poste dans une grosse entreprise.
Depuis quelques années, les rendez-vous ont lieu dans des cafés ou dans les bars d'hôtel de luxe.

Elle aimerait que cet entretien soit déjà terminé.
Elle relit son CV, elle se sent nulle, sans expérience.
En plus elle se sent laide.
Elle sait pourtant qu'elle ne devrait pas penser à son physique mais aujourd'hui le travail est rare alors elle sait qu'on peut choisir parmi la foule des candidats jusqu'à la couleur de ses yeux...

Elle essaie de se rassurer.
Elle est tout de même sortie dans la botte de Centrale !
Elle a travaillé, travaillé, travaillé.
Elle a renoncé aux sorties, aux flirts et elle est là dans ce café à attendre un recruteur arrogant.
Ils le sont tous...

Un SMS arrive en "bipant".
Il ne viendra pas.
Plus de temps que prévu avec un autre candidat.
Elle sera rappelée.
Ou pas...

Elle reste assise, les larmes lui montent aux yeux.
Le pire ? Elle ne sent en elle aucune révolte.
Elle sait et elle accepte de n'être qu'un pion.
J'espère que viendra enfin le temps de la révolte.

21/09/2020

Magic in the Moonlight.

devoir de Lakevio du Goût_49.jpg

Que fait-il ?
Qu’attend-elle ?
J’ai bien une idée, mais vous ?
Je saurai sans doute lundi ce que vous a inspiré ce tableau de Vettriano.
Oui, ces temps-ci j’explore l’œuvre de Vettriano.
Ah, j’allais oublier, j’aimerais que vous commenciez votre devoir par
« J’entrai dans le café de la jeunesse perdue »
Et le terminiez par « Mais enfin ! Babylone ! Vous y étiez nue parmi les bananiers ! »

J'entrai dans le café de la jeunesse perdue.
Pour être perdue, elle était perdue ma jeunesse.
Il était devenu un petit café misérable, un genre de théâtre de campagne, là où les aveugles retrouvent la vue pour faire la manche en passant parmi les spectateurs
Oui ! Ce genre de théâtre en plein Paris.

L'assistante du magicien était assistante d'un dentiste la journée et ne se sentait pas trop en sécurité.
D'habitude, c'est elle qui passait les instruments de torture au tortionnaire...
Le magicien, lui, était boucher.
Découper les carcasses ne lui faisait pas peur...

J'étais là fasciné, j'étais incapable de reprendre mon errance dans Paris.
J'attendais comme au cirque que le magicien loupe son numéro.

L'assistante se plaignait du froid, voulait être découpée pour rentrer chez elle et se coucher.
Je ne savais plus si j'assistais à une répétition où à une mise à mort.
J'entendis le boucher murmurer à l'oreille de l'assistante "Babylone ! Vous y étiez nue parmi les bananiers".