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16/07/2018

C'est encore loin la mer ?

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"A dix huit ans, j'ai quitté ma province bien décidée à conquérir Paris".

Je suis arrivée Gare de Lyon, éblouie.
J'ai regardé "Le train bleu" et j'ai décidé que la prochaine fois 
j'oserais m'installer dans l'un de ses fauteuils.

Je n'avais pas grand'chose : Ma valise et une lettre de recommandation pour une amie de ma grand'mère susceptible de me louer une chambre.
Même une pas très dégourdie comme moi pouvait faire son chemin dans le Paris des années soixante.
J'ai travaillé, j'ai étudié.
Je suis devenue plus parisienne qu'une Parisienne de souche !
Regardez autour de vous, Paris est surtout peuplée de gens venus d'ailleurs.

Bon, j'avais encore des émerveillements de petite provinciale.
Le Parisien de souche ne va pas à la tour Eiffel.
Il ne la regarde même pas.
La visite organisée avec sa classe lorsqu'il avait huit ans lui a suffi.
Je ne me suis pas mariée. J'ai pris un chat. C'est plus doux qu'un homme et tout aussi égoïste.
Aujourd'hui, j'en ai assez de Paris mais j'ai décidé que non, je ne retournerai pas dans ma ville de province, triste à mourir.
Je veux vivre au bord de la mer.
La femme mûre qui attend son train maintenant, celle qui a bazardé sa vie parisienne, ne ressemble plus à la jeune fille qui allait dans l'autre sens.
Elle a perdu quelques illusions et pris quelques kilos.
Elle sait qu'elle pourra faire son trou ailleurs...

 

02/07/2018

Des roses blanches ? Tu rêves !

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Adieu Berthe...

Tu n'espérais quand même pas que j'allais t'offrir des roses !
Des blanches en plus !

Je sais, je me suis fait avoir sur toute la ligne au début, ton prénom désuet, ton côté jeune fille de bonne famille.

J'ai été fou amoureux de toi au premier regard, tu as baissé les yeux modestement et je n'ai pas vu ton air triomphant.

Tu acceptais que je vienne t'attendre à ton travail.
Si j'avais connu la nature de ton travail, tes fréquentations, le voyou qui vivait avec toi et te dictait ta conduite, ça se serait arrêté dès le début.

J'ai voulu faire de toi ma femme. Non mais quel idiot !
Je t'offrais des bijoux, je voulais te faire rencontrer mes parents, tu trouvais toujours un prétexte pour repousser cette rencontre.
Je ne raconterais pas ici mes souffrances lorsque j'ai découvert la vérité.
Tu ne feras plus souffrir personne.
Je t'ai frappé avec rage. J'ai jubilé de voir ton corps à terre, inanimé.
J'ai jeté ton corps dans un ravin puis j'ai fait croire au village que tu avais suivi un colporteur.
Ton visage a été dévoré le premier, tu es désormais en bonne compagnie ave Capucine.
Elle aussi croyait pouvoir me berner.
L'idiote...

04/06/2018

RATP.

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éclat
farcis
musaraigne
saison
s'époumonait
retentit
machiniste
poubelle
document
distingué


Voilà...


Le métro arrive enfin. Il a l'air bondé.
Une grève, une de plus, par solidarité, un machiniste a été agressé.

Si les transports se mettent en grève à chaque agression, on peut reconvertir toutes les stations de métro en refuge pour migrants.
On peut même le faire sans un dramesans un cri.

Ceux qui ne prennent jamais le métro seront contents de ne plus voir de tentes sur le bord du Canal Saint Martin, plus de poubelle débordante.
Et puis la marche, c'est bon pour la santé !
On pourra s'empiffrer de petits farcis sans prendre un gramme !

J'ai enfin réussi à pénétrer dans la rame. J'ai même trouvé une place.
Bon, j'ai fait semblant de ne pas voir cette femme enceinte...
Je vais pouvoir relire ce document, j'espère être distingué et dire adieu à ce poste sans éclat.

Le métro freine, fait quelques mètres et s'arrête.
Punaise ! Qu'il fait chaud ! Un cri retentit, un rat, non une musaraigne, on se demande ce qu'elle fiche là cette bestiole, on a plus l'habitude de voir des rats bien nourris traverser les voies.

Ma dernière copine s'époumonait lorsqu'elle voyait une souris traverser l'appartement.
Elle a fini par me quitter, pas uniquement à cause des souris, je n'étais pas fiable, pas propre.

Je commence à avoir trop chaud, me sentir à peu mal.
L'odeur des gens, le malaise monte, je me fredonne du M'sieur Eddy, c'était "ma dernière séance".

Je ne reprendrai plus le métro en cette saison...

28/05/2018

La cafetière...

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Parler de cafetière, je n'ose.

Regarder couler le café me rend morose.

C'est lundi chic, je bulle dans mon bol, en regardant une rose.

Un truc sans queue, ni tête, c'est normal, je n'ai rien d'une virtuose.

Je ne risque pas l'ankylose

Mais je risque l'overdose.

A moins que ce soit la cirrhose.

Moi qui suis une pauvre chose

A force, je risque l'arthrose.

Je dois vous dire, j'en ai ma dose.

De raconter ce tas de choses.

Alors avant de risquer la névrose.

Je vous envoie tous sur les roses.

14/05/2018

Triangle amoureux.

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Voilà...

Il a fallu que je crève alors que j'ai rendez vous avec Arthur, Jean avec sa tête de premier de la classe à traversé, sans regarder, pour me venir en aide.

Sauf que Jean est un crane d'œuf, un premier de la classe, un bosseur.

D'ailleurs, il suffit de le voir, maladroit, appliqué, espérant un regard, un signe de moi pour me demander de réviser avec lui.

Je n'ai pas envie de réviser, je veux vivre sans contrainte, être avec Arthur sans mentir à mes parents, je veux m'enfuir avec Arthur, vivre avec lui dans une mansarde à Paris.

Jean a fini de réparer la roue, il traine, il cherche à retenir Camille, il veut lui parler, il voudrait lui confier qu'il aime Arthur, qu'il est capable de tout pour lui prouver son amour, s'enfuir avec lui, vivre dans une mansarde à Paris avec lui.

Il espère que Camille lui confirmera qu'Arthur est gay.