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20/03/2017

Il l'a lu.

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Voilà...J'ai envoyé mon manuscrit, il a été lu avec bienveillance.

J'ai rendez vous avec un éditeur qui envisage d'accepter de publier mon livre.

Il faut que je me lève, que j'accroche un sourire à ma face, que j'arrête de déchirer mon mouchoir.

Pourquoi cette anxiété ?
Je devrais me sentir comblée mais je n'y arrive pas.

Il faut dire que mon livre parle de l'éviction des Amérindiens, de l'achat forcé des ranches aux Espagnols.

Mon éditeur et moi n'allons pas nous faire que des amis.

Mais que vont dire mes parents ?

13/03/2017

Printemps...

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Voilà...
La fenêtre est ouverte, j'ai cueilli les premiers narcisses.
J'ai regardé par la fenêtre, le seul arbre du minuscule jardin a passé l'hiver sans souci.

Samedi, je suis allée au Bon Marché, j'ai vu une ravissante marinière.
Au bar, le blond des jeunes femmes était certifié "artiste capillaire".
Les sacs étaient presque tous signés et les bébés ne pleuraient pas.
J'ai oublié le temps à la librairie où les canapés sont toujours accueillants et les livres d'art tentants.

Dans ce quartier, les femmes âgées ont toutes de la discipline.
Alors elles marchent la tête haute malgré la canne.
J'ai eu envie de printemps ailleurs.
De respirer l'air de la mer.
D'entendre le cri des mouettes.
De marcher dans l'eau.

Il suffit parfois d'un rien pour se retrouver ailleurs.
Par la grâce de cette marinière, j'ai fermé les oreilles, ai oublié Paris, ai retrouvé mes dix ans.
J'étais de nouveau avec ma pelle et mon seau, ramassant des coques qui n'étaient pas encore impropres à la consommation...
 

27/02/2017

L'événement.

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Elle avance lentement mais avec détermination malgré la douleur.
Elle a déjà dû s'arrêter plusieurs fois tant la douleur est forte.

Ce n'est pas la date mais le bébé a décidé de naître.
Elle a perdu les eaux en chemin.
Elle n'a croisé personne.
L'hiver est si rude cette année que les fermiers ont rentré les bêtes.

Elle espère atteindre la maison et retrouver son homme.
Elle sait que le médecin ne sera pas là mais la délivrance est proche.
Elle le sent dans sa chair, dans les contractions dont le rythme s'accélère.

Mon petite doigt me dit, enfin la presse locale, qu'elle a accouché d'un beau garçon qui s'appelle Andrew comme son père.

Selon l'usage, la mère et l'enfant se portent bien.

20/02/2017

Les trois soeurs.

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Nous avons toujours été le regret de mon père.
Il voulait un fils pour reprendre le domaine.
Il a élevé l'ainée de ses filles comme le fils qu'il n'a pas eu.

A la mort de père, elle a repris le domaine.
Ah, il fallait la voir surveiller "ses gens" et parcourir les terres, à cru sur son pur-sang.

Elle a refusé tous les prétendants.
Elle n'aimait que son amie Violette, morte depuis quelques années.

Il était trop tard pour nous marier.
Nous n'aurions attiré que les coureurs de dots...

Maintenant, nous vivons là toutes les trois, accusant ma sœur de nous avoir gâché la vie.
Barbara s'est usé les yeux à force de lectures édifiantes.
Elle passait sa vie au presbytère.
Je crois qu'elle avait un faible pour le vicaire...

J'ai tiré l'aiguille pour habiller les miséreux du coin et pris l'habitude d'aller voir les femmes en couche dans les taudis.
J'ai souvent eu envie de revenir avec un petit.
Il aurait reçu l'amour et l'éducation qu'il méritait mais je n'en ai jamais eu le courage.

Aujourd'hui, il est trop tard.
Il faut abandonner les rancœurs.
Il faut apprendre enfin à nous aimer.
Nous sommes seules toutes les trois pour le temps qu'il nous reste à vivre.

Les prières de Barbara vont enfin servir...

19/12/2016

Regardez le collier.

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Vous voyez ma bouche ?
Elle est belle.
Vous voyez ma peau ?
Elle aussi est faite pour attirer le baiser.

Vous ne connaissez pas mon mari.
Le jour où il m'a offert ce collier, il était encore très amoureux.
J'avais de la chance car l'époque n'était pas à l'amour conjugal.
Les femmes enfantaient et souvent mouraient en couches.
L'homme lui, allait chercher son plaisir ailleurs.

Il était si fier de moi qu'il a fait faire ce portrait.
Je suis belle pour l'éternité...

Puis le temps a passé.
Mes rondeurs charmantes sont devenues de la graisse.
Je lui ai refusé ma couche de peur d'une nouvelle grossesse.
J'avais six enfants vivants mais combien d'enfants mort-nés ?
Combien d'enfançons sont nés, ne vivant que quelques heures ?

Ce collier est le dernier cadeau reçu.
Je suis devenue une matrone régnant sur sa demeure.
Il est devenu un mari absent.

Ce collier me présente comme une femme heureuse.
Et il m'arrive de regarder le tableau et de pleurer...