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01/10/2018

C'était la dernière séance

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Regardez l'ouvreuse de ce petit cinéma de quartier !
Elle sait qu'elle va disparaître.
Elle habite le quartier.
Je ne sais pas si elle travaille au "Royal Monceau".
Il est grand ce cinéma, pour sortir, on passe sous la salle, par les abris de la dernière guerre.
Les enfants courent, la guerre, ils ne connaissent pas, ils ne savent même pas que les tickets de rationnement existent encore.
En y repensant, je pense qu'il s'agit plutôt du "Royal Villiers".
C'est comme ça dans ce quartier, les cinémas sont "royaux", le "Royal Villiers" est plus petit que le "Royal Monceau", il a des loges, des rideaux rouges et des publicités payées par les commerçants du quartier.

C'est long d'attendre le film.
On compte les publicités. On regarde un documentaire animalier.
On regarde même l'attraction de l'entracte, un pauvre magicien qui n'arrive pas à faire sortir le lapin de son chapeau...

Ce doit être un dimanche après midi.
Je suis là, avec mes parents. Les deux ensemble, c'est plutôt rare car le dimanche mon père fait la sieste en écoutant la radio.
Je me souviens du film, "L'auberge du sixième bonheur".

J'adore ! Ma mère aussi. Mon père s'endort...
Chic, il ne ronfle pas, du coup ne fait pas de réflexion car il n'est pas bon public.
C'est le moment du film où on retient son souffle.
C'est là qu'une voix s'élève, une voix qui porte.
Mon père demande à ma mère "Baisse la radio !"

Je vois encore le sourire de l'ouvreuse...

24/09/2018

Vous ne regarderez plus les annonces de la même façon...

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Charmante maison à rafraîchir au lieu-dit "Les os du pasteur" située à 15 minutes du bourg, commerces à proximité, écoles desservies par car.
Ravissante propriété constituée d'un grand séjour sur cuisine ouverte, d'un bureau donnant sur le jardin, de deux chambres à l'étage avec possibilité d'une troisième sous les combles.
Vous serez conquis par le calme et le charme de la verdure.
Quelques menus travaux sont à prévoir.

Pour ceux qui vivent encore dans la maison de leurs parents, je traduis :

 - Située à 15 minutes du bourg : Ça c'est en voiture, sans se soucier des limitations de vitesse  et pas en saison de betteraves car les camions passent sans arrêt et la betterave sucrière, ça sent mauvais et c'est glissant.

 - Cuisine ouverte : Vague îlot carrelé et mal éclairé dans un coin du séjour car la cuisine a été transformée en chambre, en fait cuisine à créer.

- Le bureau : pièce trop petite pour même contenir un lit et donnant sur une friche car le jardin est retourné à l'état sauvage.

- Petits travaux à prévoir : Toiture à refaire car il pleut dans les chambres, planchers des chambres à changer.

- Quel calme : en été les touristes, en automne les chasseurs, en l'hiver le chasse-neige (lorsqu'il peut passer...)

- Quant à l'école, située à quarante kilomètres, pensez que le car lorsqu'il n'est pas en grève, ne peut venir à cause des congères en hiver.

Petit bonus : même l'agence n'est pas au courant, ma belle-mère repose à la cave, sous la chaudière.

17/09/2018

Ève lève toi !

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En voilà une drôle d'idée de l'appeler Ève et de lui coller une pomme !

Ève, le même prénom dans les trois religions monothéistes.
Evidemment, on lui a collé tout de suite sur le dos le poids du péché.

Tu es belle vêtue de rouge.
Notre époque légèrement coincée ou plutôt "politiquement correcte" te traiterait d'aguicheuse voire de tentatrice.

Et Adam, ce pauvre innocent, s'est laissé faire !
Vous avez goûté ensemble le fruit de l'arbre de la connaissance et vous avez été chassés du Jardin d'Eden.

Je connais les hommes, enfin un peu.
Je sais que tous les Adam de la Terre auraient été chassés pour cette Ève...

Nous descendons tous de vous, paraît-il.
Tous malheureux poussés hors du jardin d'Eden.
Et on voudrait que les vierges ne soient pas folles et les hommes sages !

Ève, lève toi ! Il faudrait recommencer toute l'histoire pour éviter que le monde ne soit au bord de l'explosion.

10/09/2018

Guerre et Paix

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Elles sont amies, donc un peu ennemies... Comme on peut l'être à cet âge.

Elles parlent peu de leurs examens futurs, de leurs projets d'avenir.
C'est un soir d'été, elles parlent chiffons et garçons.
Il y a de l'insouciance et des rires bêtes comme on en a à leur âge, c'est normal.

Il y a Norma, qui rêve secrètement d'être une star de la chanson ou du cinéma, elle n'est pas fixée.
Elle veut juste la gloire et l'argent mais n'en parle pas aux deux autres car elle essuie déjà leurs moqueries.
Elle veut sortir avec Adrien, la coqueluche de leur petite ville mais il se dit qu'Adrien n'est pas intéressé par les filles, alors ...

Il y a Béa qui, sous son bandeau, n'est qu'une boule d'angoisse.
Elle n'en a même pas parlé aux deux autres.
Un mois de retard, c'est beaucoup. Surtout que Fred vient de changer de ville et ne se sent pas concerné.

Il y a Sarah, qui pense à Norma.
Elle ne peut rien lui dire.
Elle ne peut pas lui parler de son attirance, de son envie de l'embrasser, de son envie de la dévêtir et de la découvrir. Elle est amoureuse d'elle.

Elles se taisent, elles se sentent si différentes les unes des autres.

Le peintre a fixé une image fausse.
Elles vont bientôt se déchirer.
Sarah et Norma vont devenir plus que des amies.
Quant à Béa, elle ne parlera pas de sa grossesse, elle pratiquera le déni et tous seront surpris dans quelques mois...

23/07/2018

Moi j'aime pas la mer.

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Aaahhh... Marguerite !
Tu en as raconté des âneries tout au long de ta vie, somme toute assez longue compte tenu de tes addictions.

Tu as écrit longuement sur la baie d'Halong.
Tu as eu un prix pour un amant fantasmé.

Tu as passé les dernières années de ta vie aux Roches Noires, dans cet ancien hôtel de luxe de Trouville.
Tu as passé tes nuits à le guetter ce marin de pacotille.
Celui qui préférait les garçons mais toi tu l'acceptais plutôt qu'assumer ta solitude de femme vieillissante.

Aujourd'hui, tu veux qu'on parle de cette mer, qui pour moi n'en est pas une, trop chaude, trop polluée, trop fréquentée.

Tu nous parles de pastis, Marguerite !
Toi qui as su écrire la douleur, l'absence, le manque, tu oses nous proposer un pastis après un bain matinal.

Tu es coupable, forcément coupable,coupable de mauvais goût.
"Ah ! qui n'a pas eu envie d'un pastis après un bain de mer pris en Méditerranée ne sait pas ce qu'est un bain de mer pris le matin en Méditerranée." Écris tu.
Aaahhh.... Marguerite... Tu me déçois ! Si encore tu m'avais proposé de l'absinthe, comme Verlaine, Rimbaud et bien d'autres !
Mais non ! Du pastis !