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18/03/2019

Tu seras un homme mon fils

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"Il est des hommes, lorsqu'on les aborde, avec lesquels les approches, les temps morts qu'exigent les règles de politesse, n'ont pas de sens, parce que ces hommes vivent en dehors de toute convention dans leur propre univers et qu'ils vous attirent aussitôt."

Admiration, fascination, amour, amitié...

Vous inclurez la phrase citée dans le portrait de votre choix

Ne commencez pas, je parle de Kipling si je veux !
Regardez moi, je suis un homme au regard fier, je n'hésiterai pas à employer les grands moyens pour faire de mon garçon un homme, un vrai.
Un qui n'hésitera pas à prendre le fusil pour prouver la suprématie de l'homme blanc sur les autres.
Lorsque nos ancêtres, ceux qui parcouraient les mers pour trouver des terres vierges sont arrivés, ils n'ont pas hésité à chasser et tuer, les habitants légitimes pour prendre leur place.
Et vous voudriez qu'aujourd'hui, on leur laisse une place aux survivants ?
Nous qui avons transformé la planète en poubelle, nous qui avons laissé mourir le dernier rhinocéros blanc ?
Tu seras un homme mon fils et tu continueras mon travail !
Pas d'étranger sur nos terres !
Il est des hommes, lorsqu'on les aborde, avec lesquels les approches, les temps qu'exigent les règles de politesse, n'ont pas de sens, parce que ces hommes vivent en dehors de toute convention dans leur propre univers, et qu'ils vous attirent aussitôt.
Ils sont de plus en plus nombreux ces hommes.

Ne pleurez pas, vous avez laissé faire...

 

11/03/2019

Flou artistique

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On ne distingue pas pas encore les traits mais on y projette toujours quelque chose.

Voilà...

Une fois de plus on me chasse de ce porche !
Il paraît que je m'étale...
Il paraît que j'ai "des odeurs corporelles"
Il paraît que surtout je fais chuter la valeur des appartements.
Il paraît aussi que les touristes ne viendront plus visiter la Ville Lumière à cause de ma présence.

Je dois rester cachée, comme les rats.
Paris n'est que luxe, calme et volupté...
Il faut cacher cette misère que nous ne voulons pas voir.

Paris est une vitrine.
Les appartements y sont rares et chers.
Il faut attirer le visiteur qui dépensera beaucoup d'argent pour ressembler à un arbre de Noël ou à un homme sandwich...

Les bancs ont été conçus exprès pour être inconfortables pour les gens comme moi.
Un jour, pas si lointain je le sens, à l'aube lorsque le touriste dort encore, on ramassera les gens comme moi pour les exiler dans les campagnes désertes et on fera brûler les morts discrètement.

 

17/12/2018

Le phare de l'humanité.

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Voilà...Gardienne de phare et à Noël en plus !
Je ne sais pas pourquoi j'ai accepté.

La pitié sans doute, sentiment peu honorable...
Il faut dire que ce pauvre homme vivait dans ce phare depuis vingt ans, que pas un bateau n'était venu s'échouer devant chez lui.

Il voulait voir la ville.
Il voulait parler avec des gens et pas avec sa télé.
Oui, on a la télé dans un phare...
Oh pas tout le temps, pas les jours de tempête.
Par manque de chance, la télé n'était jamais en panne le samedi et le pauvre malheureux connaissait toutes les chansons de Patrick Sébastien.
Oui même "les sardines".

J'avais avec moi une pile de livres.
Le premier à relire "La confusion des sentiments", j'étais en plein dedans !

Oui, c'est un chagrin d'amour qui m'a poussée à accepter ce remplacement.
L'homme que j'aimais venait de m'avouer qu'il avec rencontré le grand amour en la personne de Roger.

Ils allaient se marier, j'étais même invitée au mariage.

Je vais demander au gardien si je peux commencer mon remplacement aujourd'hui...

10/12/2018

Elle regardait la mer

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"Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie"

Elle avait besoin de solitude.
Quand elle va mal, elle a besoin de voir la mer et d'être seule.

Elle aime la mer en hiver, au printemps, en automne.
Elle l'aime déchaînée.
Elle n'est pas en admiration devant la Méditerranée mais ce jour là, elle n'avait pas le choix, c'était la Méditerranée ou rien.
C'était l'hiver en Israël, autant dire l'équivalent d'un printemps pluvieux en Europe.

Le lendemain de son arrivée, il faisait beau.
Elle s'était installée dans un café et avait mangé un croissant qu'elle avait trouvé meilleur qu'à Paris.
Et pour cause... A Paris, elle n'avait pas le temps de se poser dans un café et de déguster un croissant !

Au début, elle venait tous les jours regarder la mer.
Ça avait bien duré quinze jours.
Après, elle avait connu l'ennui pour la première fois de sa vie.
Même les bus qui sautaient, même le petit robot qui faisait exploser les gros pots de cornichons russes, même les soldats, habillés en cosmonaute, rien ne la sortait de sa léthargie.
Même les cours d'hébreu l'ennuyaient, d'ailleurs elle était la seule à avoir redoublé...
Seul le désert lui apportait la sérénité.
C'est bien moi ça, d'habitude le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie...

26/11/2018

Écoutes.

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Je me suis arrêtée sur le palier du troisième pour souffler un peu car je suis une maniaque et faire le ménage me prend du temps.
En réalité, j'écoute. Elle n'est pas en forme la voisine du troisième.
Elle ne quitte plus ses lunettes.
Là elle est au téléphone avec un radiologue.
Il veut lui faire repasser un examen, une IRM, je crois.
Elle n'est pas satisfaite, elle déteste ce genre d'examen.
Elle est... Je ne comprends pas le mot, enfin je crois qu'elle ne supporte pas d'être enfermée.

Elle raccroche, elle discute avec son mari, elle parle de champ visuel, d'électrodes pour stimuler son nerf optique.

Elle cite un drôle de nom. "Lakevio", je crois avoir entendu.
Puis elle dit qu'elle n'a pas envie de faire son devoir...

Elle fait encore des devoirs la voisine du troisième ?

Bon, il faudrait peut-être que je continue...
Les voisins d'à côté parlent d'un album pour l'année prochaine.
Ils font un drôle de métier ces garçons, enfin il n'en reste qu'un qui vit avec sa copine.
Bon le chat fait parfois des saletés dans l'escalier mais ils sont polis.

En descendant, j'entends les petites filles du deuxième.
La plus jeune pleure encore !
Ah la jalousie des enfants...
Bon, tu n'as pas le talent de dire les choses, comme un George Pérec.
Et puis ce n'est même pas un des immeubles bourgeois du coin alors continue ton travail.