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24/09/2018

Vous ne regarderez plus les annonces de la même façon...

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Charmante maison à rafraîchir au lieu-dit "Les os du pasteur" située à 15 minutes du bourg, commerces à proximité, écoles desservies par car.
Ravissante propriété constituée d'un grand séjour sur cuisine ouverte, d'un bureau donnant sur le jardin, de deux chambres à l'étage avec possibilité d'une troisième sous les combles.
Vous serez conquis par le calme et le charme de la verdure.
Quelques menus travaux sont à prévoir.

Pour ceux qui vivent encore dans la maison de leurs parents, je traduis :

 - Située à 15 minutes du bourg : Ça c'est en voiture, sans se soucier des limitations de vitesse  et pas en saison de betteraves car les camions passent sans arrêt et la betterave sucrière, ça sent mauvais et c'est glissant.

 - Cuisine ouverte : Vague îlot carrelé et mal éclairé dans un coin du séjour car la cuisine a été transformée en chambre, en fait cuisine à créer.

- Le bureau : pièce trop petite pour même contenir un lit et donnant sur une friche car le jardin est retourné à l'état sauvage.

- Petits travaux à prévoir : Toiture à refaire car il pleut dans les chambres, planchers des chambres à changer.

- Quel calme : en été les touristes, en automne les chasseurs, en l'hiver le chasse-neige (lorsqu'il peut passer...)

- Quant à l'école, située à quarante kilomètres, pensez que le car lorsqu'il n'est pas en grève, ne peut venir à cause des congères en hiver.

Petit bonus : même l'agence n'est pas au courant, ma belle-mère repose à la cave, sous la chaudière.

17/09/2018

Ève lève toi !

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En voilà une drôle d'idée de l'appeler Ève et de lui coller une pomme !

Ève, le même prénom dans les trois religions monothéistes.
Evidemment, on lui a collé tout de suite sur le dos le poids du péché.

Tu es belle vêtue de rouge.
Notre époque légèrement coincée ou plutôt "politiquement correcte" te traiterait d'aguicheuse voire de tentatrice.

Et Adam, ce pauvre innocent, s'est laissé faire !
Vous avez goûté ensemble le fruit de l'arbre de la connaissance et vous avez été chassés du Jardin d'Eden.

Je connais les hommes, enfin un peu.
Je sais que tous les Adam de la Terre auraient été chassés pour cette Ève...

Nous descendons tous de vous, paraît-il.
Tous malheureux poussés hors du jardin d'Eden.
Et on voudrait que les vierges ne soient pas folles et les hommes sages !

Ève, lève toi ! Il faudrait recommencer toute l'histoire pour éviter que le monde ne soit au bord de l'explosion.

10/09/2018

Guerre et Paix

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Elles sont amies, donc un peu ennemies... Comme on peut l'être à cet âge.

Elles parlent peu de leurs examens futurs, de leurs projets d'avenir.
C'est un soir d'été, elles parlent chiffons et garçons.
Il y a de l'insouciance et des rires bêtes comme on en a à leur âge, c'est normal.

Il y a Norma, qui rêve secrètement d'être une star de la chanson ou du cinéma, elle n'est pas fixée.
Elle veut juste la gloire et l'argent mais n'en parle pas aux deux autres car elle essuie déjà leurs moqueries.
Elle veut sortir avec Adrien, la coqueluche de leur petite ville mais il se dit qu'Adrien n'est pas intéressé par les filles, alors ...

Il y a Béa qui, sous son bandeau, n'est qu'une boule d'angoisse.
Elle n'en a même pas parlé aux deux autres.
Un mois de retard, c'est beaucoup. Surtout que Fred vient de changer de ville et ne se sent pas concerné.

Il y a Sarah, qui pense à Norma.
Elle ne peut rien lui dire.
Elle ne peut pas lui parler de son attirance, de son envie de l'embrasser, de son envie de la dévêtir et de la découvrir. Elle est amoureuse d'elle.

Elles se taisent, elles se sentent si différentes les unes des autres.

Le peintre a fixé une image fausse.
Elles vont bientôt se déchirer.
Sarah et Norma vont devenir plus que des amies.
Quant à Béa, elle ne parlera pas de sa grossesse, elle pratiquera le déni et tous seront surpris dans quelques mois...

23/07/2018

Moi j'aime pas la mer.

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Aaahhh... Marguerite !
Tu en as raconté des âneries tout au long de ta vie, somme toute assez longue compte tenu de tes addictions.

Tu as écrit longuement sur la baie d'Halong.
Tu as eu un prix pour un amant fantasmé.

Tu as passé les dernières années de ta vie aux Roches Noires, dans cet ancien hôtel de luxe de Trouville.
Tu as passé tes nuits à le guetter ce marin de pacotille.
Celui qui préférait les garçons mais toi tu l'acceptais plutôt qu'assumer ta solitude de femme vieillissante.

Aujourd'hui, tu veux qu'on parle de cette mer, qui pour moi n'en est pas une, trop chaude, trop polluée, trop fréquentée.

Tu nous parles de pastis, Marguerite !
Toi qui as su écrire la douleur, l'absence, le manque, tu oses nous proposer un pastis après un bain matinal.

Tu es coupable, forcément coupable,coupable de mauvais goût.
"Ah ! qui n'a pas eu envie d'un pastis après un bain de mer pris en Méditerranée ne sait pas ce qu'est un bain de mer pris le matin en Méditerranée." Écris tu.
Aaahhh.... Marguerite... Tu me déçois ! Si encore tu m'avais proposé de l'absinthe, comme Verlaine, Rimbaud et bien d'autres !
Mais non ! Du pastis ! 

16/07/2018

C'est encore loin la mer ?

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"A dix huit ans, j'ai quitté ma province bien décidée à conquérir Paris".

Je suis arrivée Gare de Lyon, éblouie.
J'ai regardé "Le train bleu" et j'ai décidé que la prochaine fois 
j'oserais m'installer dans l'un de ses fauteuils.

Je n'avais pas grand'chose : Ma valise et une lettre de recommandation pour une amie de ma grand'mère susceptible de me louer une chambre.
Même une pas très dégourdie comme moi pouvait faire son chemin dans le Paris des années soixante.
J'ai travaillé, j'ai étudié.
Je suis devenue plus parisienne qu'une Parisienne de souche !
Regardez autour de vous, Paris est surtout peuplée de gens venus d'ailleurs.

Bon, j'avais encore des émerveillements de petite provinciale.
Le Parisien de souche ne va pas à la tour Eiffel.
Il ne la regarde même pas.
La visite organisée avec sa classe lorsqu'il avait huit ans lui a suffi.
Je ne me suis pas mariée. J'ai pris un chat. C'est plus doux qu'un homme et tout aussi égoïste.
Aujourd'hui, j'en ai assez de Paris mais j'ai décidé que non, je ne retournerai pas dans ma ville de province, triste à mourir.
Je veux vivre au bord de la mer.
La femme mûre qui attend son train maintenant, celle qui a bazardé sa vie parisienne, ne ressemble plus à la jeune fille qui allait dans l'autre sens.
Elle a perdu quelques illusions et pris quelques kilos.
Elle sait qu'elle pourra faire son trou ailleurs...