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20/11/2017

New York, New York !

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Très Chère Rose,

J'ai reçu votre lettre hier.
Vous m'annoncez que vous partez voir votre grand'mère à New York pour plusieurs mois.
Vous me dites que vous reviendrez allégée et que vous reprendrez votre vie mais sans moi.

Vous me dites que vous regrettez d'avoir cédé à mon amour.
Que vous étiez promise à votre cousin depuis longtemps.

Rose !
Ne me brisez pas le cœur !
Laissez moi un espoir !

Vous me dites que c'est un adieu.
Vous me dites que le Titanic est le bateau le plus confortable et le plus novateur du monde.
Vous me dites que vous espérez faire un voyage agréable et retrouver votre famille américaine.

Rose, vous me désespérez, je vous attends !

Serviteur, madame.

James.

11/09/2017

Rentrée des classes.

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Longtemps je me suis couchée de bonne heure et la lumière à peine éteinte..

Cette semaine j'ai eu du mal à trouver le sommeil.
C'est la rentrée de mon bébé.
C'est sa première année de maternelle.
Elle a quatre ans et je n'étais pas pressée de la mettre à l'école.

Sa naissance fut un moment inespéré car j'avais perdu tout espoir d'être mère.
Puis elle est arrivée et a bouleversé nos vies.
Son père est parti, il disait que je perdais la tête avec cette enfant et que notre vie ne tournait plus qu'autour d'elle.

Ma princesse, mon amour, ma vie, tu as tout remplacé.

Cette semaine, tu as pleuré chaque matin.
Tu ne voulais pas, tu me tenais la jupe mais je partais.
A peine sortie de l'école, je laissais couler mes larmes.
Pour la première fois depuis ta naissance, j'ai tenu bon.
Ton petit déjeuner est prêt et t'attend sur la table de la cuisine.

- Ah mon Dieu ! Tu n'es pas dans ton lit !
Tu veux jouer dès le matin, ma puce nous n'avons pas le temps !
Où t'es tu cachée, ma puce ?
Il te faut aller à l'école.

Je pleure, je cherche, il manque ta petite valise rouge, un cadeau de ton père.

Le téléphone sonne, c'est lui, l'homme qui m'a quittée.
La petite est chez lui, elle dit qu'elle veut vivre avec son papa.
Elle dit que son papa sait lui dire non.

Je pleure.
Peut être a-t-elle un peu raison...

28/08/2017

Breakfast at Tiffany's

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Madame dort encore.
Je me suis installée tranquillement devant mon petit déjeuner pour réfléchir.

Je devrais être en train de m'activer au lieu de regarder dans le vide et d'oublier cet œuf qui m'attend.
Ma tâche ne va pas être facile...
Ce matin, je suis allée comme d'habitude dans la chambre de Monsieur.
Je ne vais pas dans sa chambre pour lui apporter son thé.
Ça, son valet s'en charge.
Non, je vais dans sa chambre pour lui offrir d'autres services.
Monsieur prétend m'aimer.
Moi, j'aime les économies.
Je rêve de m'offrir une boutique de modiste.

Sauf que ce matin, Monsieur s'est écroulé sur moi et il est mort.
Belle mort mais qui n'arrange pas mes affaires...

J'ai fait un peu de ménage puis je me suis sauvée.
J'attends le valet de Monsieur, qui connait nos arrangements.
Il va bientôt découvrir Monsieur.
De lui dépendra ma survie.
C'est une bonne place, pour lui comme pour moi et Madame est facile à gruger.

Nous devrions nous en tirer si les enfants n'arrivent pas en courant pour demander leur part...

31/07/2017

D'après une histoire vraie.

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Aujourd'hui, on a trois anniversaires à fêter alors le temps me manque pour développer cette histoire qui m'agace encore aujourd'hui.

J'aurais pu écrire un livre sur ma mère.
Je n'aurais pas imité Albert Cohen.
Nous n'avions le même genre de mère...
Les démonstrations d'amour ce n'était pas son truc.
Elle, elle aimait jeter, faire le vide.

Elle a jeté tout et n'importe quoi.
Des poupées à tête de porcelaine offertes par une de mes grand'mères aux disques 78 tours de Chaliapine de mon père.
J'en passe, elle a fait pire.

Ma mère aimait les chats.
Surtout les bêtes "mal-aimables", les bêtes au coup de patte facile.
Finalement, elles ressemblaient à ma mère...
Une en particulier qui aimait les crevettes.
Elle vous faisait l'œil doux jusqu'à la dernière et hop vous vous retrouviez avec sa signature sur la main.

Mais revenons au plus important

Ce sac, ce "Kelly", le mien, le seul, l'unique sac Hermès de ma vie, un sac noir classique, ce sac obtenu à un prix très raisonnable grâce à une amie qui avait un ami qui...

A l'époque, j'étais jeune, je n'avais pas conscience qu'un "Kelly", c'était le sac d'une vie.
Par malheur pour moi, il est resté un moment chez ma mère.

Un jour, accompagné du Goût et de l'Ours, j'ai décidé de récupérer mon sac.
Ma mère avait sa "tête à embrouilles".
J'ai récupéré mon sac.
Mon "Kelly" était entièrement lacéré par sa bestiole.
Inutile de vous dire que je n'étais pas satisfaite.

J'ai porté ce sac chez un cordonnier de luxe.
Il fut catastrophé.
Mon sac a été un peu amélioré mais il n'était plus possible de sortir avec.
Il a servi de réserve à photos.

Le sac et les photos ont disparu aujourd'hui...

19/06/2017

L'ai-je vraiment reconnu ?

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Je suis entrée dans cette galerie par hasard.
J'avais marché dans les rues de Paris.
Je m'étais arrêtée pour boire un café dans un bar d'hôtel.
Endroit anonyme où on peut passer des heures sans être dérangé.

J'étais désorientée.
Non je n'étais pas "en état de choc", cette expression n'était pas à la mode.
Ma mère venait de mourir en lâchant sa bombe : Notre père n'était pas notre père !

je regardais, sans vraiment les voir, une succession de toiles.
Brusquement, je me suis arrêtée devant le portrait de ce jeune homme.

Ce beau brun ténébreux me disait quelque chose pourtant.
J'était sûre de ne l'avoir jamais rencontré et malgré tout, je reconnaissais ces yeux tourmentés, ce côté "je viens d'ailleurs, je ne suis à ma place nulle part".

Je suis sortie, me suis assise sur un banc et j'ai pensé à cette photo que j'avais retrouvée dans les affaires de ma mère.
La photo était celle d'un homme brun que nous ne connaissions pas.
Cet homme qui venait d'ailleurs, pouvait-il être notre père ?

Je ne suis pas retournée dans la galerie.
J'ai repris ma route.
Je suis rentrée chez moi retrouver ma famille.
Celle que je connaissais.
Celle dont le fils était bien celui du père...