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18/01/2018

Oeil-de-Goût

oeil,peur,goutte

Vous savez tous que le Goût a deux yeux, comme tout le monde.
Non, pas exactement.
Un seul fonctionne bien, très bien même.
L'autre a été victime d'un essai mal transformé.
Une fusée a commencé le travail.
Un train électrique l'a achevé.
Terminé, rideau pour cet œil !

Le Goût est sorti de la salle de bains.
Il m'a dit "J'ai un truc bizarre à l'œil, celui qui voit."
Je m'approche de la fenêtre et je regarde.
Il a effectivement un truc, mais quoi ?

Dès qu'il s'agit des yeux, nous manquons d'humour tous les deux.
L'œil droit du Goût ne sert à rien.
Mon œil gauche est purement décoratif.
Nous avons une paire d'yeux pour deux...

Il téléphone donc à l'ophtalmo qui le prend en urgence le lendemain à l'aube.
Il aurait voulu que ce soit tout de suite.
Il fait semblant d'être bien mais commence à "tourner et virer".

Je lui explique que nous sommes allés nous faire vérifier en septembre et que tout allait bien.
En voyant sa tête, je lui propose d'aller chez notre généraliste, j'ai besoin d'un renouvellement d'ordonnance.

Il a meilleur moral, nous traînons rue Rambuteau.
Nous ne cédons pas à la galette, beurre AOC et tout et tout.
Il s'avère qu'il a un truc bénin avec un nom compliqué et des gouttes à mettre trois fois par jour, pendant un certain temps.

Le Goût a fêté ça en mangeant la dernière glace au beurre salé et en dormant comme un bébé.

Un œil c'est mieux que rien, deux yeux, c'est le pied.

15/01/2018

Conversations.

lakevio.jpg

- Alors, tu vas vraiment faire ça ?
- Non, je ne crois pas, je ne deviendrai pas ta gouvernante, nous sommes amies d'enfance et malgré ta réussite, tu restes toujours notre petite voisine, celle qui avait faim et qui acceptait mes restes.

- Tu sais que j'ai menti, j'ai raconté à mon mari que j'étais orpheline, je ne voulais pas qu'il connaisse Maman, son penchant pour le gin et pour le jeu.

- Tu commences ta vie de femme mariée par un mensonge !
- Oui... Je sais, mais...
- Tu crois que ta mère, un jour de beuverie ne viendra pas sonner chez toi pour exiger de l'argent ?
- Tu es la seule personne à connaître la vérité, tu aurais pu éconduire Maman gentiment.
- Tu crois ça ?
- Tu es veuve, tu n'as pas beaucoup de ressources, nous nous rendrions service mutuellement.
- Non n'insiste pas, tu prendras vite goût à ta nouvelle situation, tu oublieras que je te sauve la mise et tu me traiteras comme une domestique.
- Tu me crois capable d'oublier la bonté de ta famille.
- Je te crois capable de pire, ton mari ignore notre amitié, il s'imagine que tu me fais l'aumône.
- Mais non, voyons !
- Et ton petit sourire satisfait ! Et ton œil dédaigneux sur mon allure !
- Finalement, tu as raison, tu resteras une institutrice sans le sou.
- Tu vois ? Ça commence !
- Bon, j'ai rendez vous avec des journaliste pour parler de mon mariage.
- Ça vaut mieux...
- Je ne veux pas mécontenter ces messieurs dont les articles sont si utiles...

12/01/2018

Dans le coeur de tout homme, il y a un cochon qui sommeille...

balance ton porc,hommes,femmes

Mais tous les hommes ne sont pas des porcs et c'est heureux.
Ces derniers temps, j'ai parlé avec les femmes de mon entourage.
Toutes, oui toutes, nous avons été victimes d'agression sexuelle.
Toutes nous savons faire la différence entre une agression et un gros lourd qui drague.

Grâce à ma mère, je n'ai jamais eu peur des hommes.
Nous sommes complémentaires, c'est tout.
J'ai rencontré le Goût quand il est venu où je travaillais.
Au mois de mars prochain cela fera très longtemps que nous sommes mariés.
Nous nous sommes beaucoup disputés, il ne m'a jamais agressée.

Seule dans ma librairie, j'ai été draguée.
Il me faut avouer qu'il est plutôt agréable de badiner.
Hélas, j'ai eu aussi à rembarrer des bourrins...

Mes seuls moments difficiles, je les dois aux toxicos et parfois j'ai eu peur.
Avec un "sirop cognac" on peut discuter, enfin lui bafouille et moi je parle.
J'arrivais à le mettre dehors.
Avec un toxico, c'est plus difficile.
Des fois ils tuent pour une petite cuiller.
Alors je prenais les clefs de la caisse, je sortais et j'attendais qu'une connaissance passe.

J'ai l'impression qu'aujourd'hui, il va devenir difficile de faire un bout de chemin avec une personne du sexe opposé.
Les uns vont avoir peur, les autres vont se sentir attaquées.
A
pprendre à vivre ensemble et le respect mutuel me parait plus utile que mettre des (e) partout.

 

10/01/2018

Jours calmes

Nous avons trouvé nos marques.
Les commerçants commencent à nous connaître.
Nous avions pris l'habitude de monter.
Nous prenons l'habitude de descendre.
Nous descendons vers le côté XVIIème.
Le XVIIème vivant, celui qui a l'accent parisien même lorsqu'il est né ailleurs.

Ensuite, heureux, nous retournons trouver le calme tout juste troublé par la sortie des enfants du collège.
C'est chouette d'habiter à côté d'une école.
Les enfants, c'est la vie.

Lundi, nous nous sommes retrouvés dans notre ancien quartier pour un tour au Monoprix.
Il a fait peau neuve.
Nous avons bu un café dans "notre café", qui a changé de propriétaire.
Il est devenu bruyant, mettre de la musique partout, ça fatigue.

La petite n'a pas fait sa rentrée, elle est encore malade.
Elle suit le même chemin que sa sœur qui a passé ses deux premières années de maternelle sous antibiotiques.

Ce matin, comme presque tous les jours, il pleut un crachin breton sur Paris.
Tornade me dirait, "c'est vivifiant ! ".
Ce n'est pas le terme que j'utiliserais...

Voila, c'est tout.
Il n'est pas facile d'écrire les petits bonheurs.
Ils sont difficiles à exprimer mais je préfère pédaler dans la guimauve que revivre certains moments...

Paris, quarties r d'hiver, pluie

08/01/2018

Le sens du devoir...

lakevio.jpg

Elle rentrait tranquillement.
E
lle n'avait pas résisté aux tulipes.
Elle a entendu le téléphone sonner et s'est précipitée.

Elle a abandonné son sac, ses gants et a couru, le téléphone lui laissait entendre que la personne allait raccrocher.
Elle a abandonné l'idée d'allumer une cigarette et s'est promise, une fois de plus d'arrêter...

- Agatha Carter ?

- Elle-même, je vous écoute.

- Je suis Arthur Rimbaut, avec un "t", des éditions de l'Eléphant Bleu.
Nous envisageons de publier votre roman, il a des accents de sincérité qui vont plaire aux lecteurs.

- Je vous remercie, je dois réfléchir, j'ai envoyé ce manuscrit sur un coup de tête, je ne sais pas si j'ai envie de le voir publié, je vous rappelle.

Agatha allume machinalement une cigarette.
Elle se voit assise écrivant rageusement sa colère, sa frustration et racontant les manies, la mesquinerie, la maladresse de son mari.
Puis racontant sa rencontre avec un autre homme, ses escapades, le plaisir, l'envie de partir avec cet homme, ses hésitations, le départ de son amant.

Elle a peur, si son roman est publié, que son mari ne découvre tout...

L'envie de voir son nom sur une couverture de livre est la plus forte.
Elle se voit signant dans des salons prestigieux, son livre en tête des meilleures ventes.

Elle rappelle et signe.

Aujourd'hui, elle est mariée avec Paul un écrivain rencontré chez une libraire parisienne...