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15/05/2017

L'attente...

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Il est en retard.
J'ai fini mon café et je n'ai pas de livre.
C'est dommage, un livre permet d'oublier l'attente et parfois vous entraîne si loin que l'arrivée du retardataire vous surprend.

Nous avions fait connaissance dans un musée, ensemble nous avions fui la foule puis nous avons cherché des endroits ignorés des touristes.
Nous avons enfin trouvé ce café.

Nous avions parlé, il est fils unique et a toujours voulu une sœur.
Il vit en France mais a un accent charmant.
J'adore ces moments.
Ceux où l'on découvre l'autre.
Ceux, celui où on est sous le charme de grands yeux, de cheveux bruns.
Ceux où on ignore encore qu'il prend la mouche facilement.
Ceux où on ignore qu'il joue de son charme avec toutes les femmes.
Celui où on ne sait pas encore qu'il donne des rendez-vous et qu'il les oublie ou qu'il arrive très en retard.
Je ne saurai jamais s'il est du genre à être très en retard.
Je viens de décider qu'il n'est pas aussi joli garçon que ça.
Je vais continuer seule la visite de la ville.
Je suis sûre que cet endroit ne manque pas de futurs guides...

08/05/2017

La vie aux champs.

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Et voilà...

C'est déjà une petite victoire, j'ai réussi à la faire venir.
Elle est sur la défensive.
Il est vrai que nous ne nous voyions qu'au lycée et que nous avons l'esprit de compétition.
Il va me falloir de la prudence pour lui faire comprendre que je m'intéresse à elle.
Plus même, que je l'aime et que je suis capable de mourir pour elle.
J'ai tout de même seize ans ! Je suis un homme !
                              ****

Il me plaît.
Et c'est la première fois qu'un garçon me montre que je lui plais.
J'ai un peu peur.
Je n'ai que quinze et demi et mes parents n'aimeraient pas me savoir seule avec lui.
Et si jamais il voulait m'embrasser ?
Il serait gêné par mes bagues et je serais morte de honte...
                              ****

Ils se regardent.
Ils attendent.
Le garçon se rapproche.
Il est temps de partir.
Je laisse à eux seuls leur premier baiser.

03/04/2017

Cabinet portrait

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Lorsque je suis arrivée dans ce musée de province, je me m'attendais pas à voir ce portrait.

La dernière fois que j'avais vu cette femme, j'avais cinq ans.
Elle partait me laissant à mon père.

Elle n'est jamais revenue.
Le temps a passé et je l'ai oubliée.
Je me suis mariée, j'ai eu des enfants puis des petits-enfants.
Ma vie était plutôt heureuse.
Bon, j'avais bien ce petit point au cœur parfois mais qui ne cache pas une blessure ?

A la revoir dans ce musée, j'ai d'abord reconnu ses yeux.
Elle avait changé, elle ne portait plus ses éternelles jupes plissées et elle avait le sourire.

J'ai regardé la signature du peintre.
C'était lui !
Celui qui m'avait pris ma mère !

Je suis sortie.
Je me suis aperçue que cette femme ne représentait plus rien pour moi...  

27/03/2017

Le mur.

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Je suis né dans un pays où le travail est rare et la misère courante.

Peu importe le lieu de ma naissance, nous sommes nombreux à vouloir fuir la misère ou la guerre.
Comme beaucoup, j'ai cru arriver dans un pays de Cocagne.
C'était un rêve, ceux qui en étaient revenus les poches vides me l'avaient dit.

Après un long périple je suis arrivé en Californie.
J'étais sûr de pouvoir travailler.
Sur un chantier, faire la plonge, accepter n'importe quel travail.

Je ne connais pas bien la politique de ce pays.
Je sais seulement qu'ils ont élu un président qui n'aime pas les étrangers, Trump.
Il veut rendre l'Amérique aux Américains, je ris jaune, l'Amérique n'est peuplée que de gens venus d'ailleurs.

Aujourd'hui j'ai peur, je rase les murs ou je prends un air faussement décontracté et je regarde passer les gens.

J'avais pensé à la France mais on prépare aussi des élections.
Une femme a le vent en poupe qui, elle aussi, veut chasser les étrangers.
Pourtant, là aussi, je veux bien travailler dans un restaurant.
Je sais que dans les cuisines, là-bas, ça parle toutes les langues.

Je veux devenir un peintre, le peintre de la misère.
Je sais que je n'aurai aucun problème pour trouver des modèles...

20/03/2017

Il l'a lu.

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Voilà...J'ai envoyé mon manuscrit, il a été lu avec bienveillance.

J'ai rendez vous avec un éditeur qui envisage d'accepter de publier mon livre.

Il faut que je me lève, que j'accroche un sourire à ma face, que j'arrête de déchirer mon mouchoir.

Pourquoi cette anxiété ?
Je devrais me sentir comblée mais je n'y arrive pas.

Il faut dire que mon livre parle de l'éviction des Amérindiens, de l'achat forcé des ranches aux Espagnols.

Mon éditeur et moi n'allons pas nous faire que des amis.

Mais que vont dire mes parents ?