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17/12/2018

Le phare de l'humanité.

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Voilà...Gardienne de phare et à Noël en plus !
Je ne sais pas pourquoi j'ai accepté.

La pitié sans doute, sentiment peu honorable...
Il faut dire que ce pauvre homme vivait dans ce phare depuis vingt ans, que pas un bateau n'était venu s'échouer devant chez lui.

Il voulait voir la ville.
Il voulait parler avec des gens et pas avec sa télé.
Oui, on a la télé dans un phare...
Oh pas tout le temps, pas les jours de tempête.
Par manque de chance, la télé n'était jamais en panne le samedi et le pauvre malheureux connaissait toutes les chansons de Patrick Sébastien.
Oui même "les sardines".

J'avais avec moi une pile de livres.
Le premier à relire "La confusion des sentiments", j'étais en plein dedans !

Oui, c'est un chagrin d'amour qui m'a poussée à accepter ce remplacement.
L'homme que j'aimais venait de m'avouer qu'il avec rencontré le grand amour en la personne de Roger.

Ils allaient se marier, j'étais même invitée au mariage.

Je vais demander au gardien si je peux commencer mon remplacement aujourd'hui...

10/12/2018

Elle regardait la mer

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"Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie"

Elle avait besoin de solitude.
Quand elle va mal, elle a besoin de voir la mer et d'être seule.

Elle aime la mer en hiver, au printemps, en automne.
Elle l'aime déchaînée.
Elle n'est pas en admiration devant la Méditerranée mais ce jour là, elle n'avait pas le choix, c'était la Méditerranée ou rien.
C'était l'hiver en Israël, autant dire l'équivalent d'un printemps pluvieux en Europe.

Le lendemain de son arrivée, il faisait beau.
Elle s'était installée dans un café et avait mangé un croissant qu'elle avait trouvé meilleur qu'à Paris.
Et pour cause... A Paris, elle n'avait pas le temps de se poser dans un café et de déguster un croissant !

Au début, elle venait tous les jours regarder la mer.
Ça avait bien duré quinze jours.
Après, elle avait connu l'ennui pour la première fois de sa vie.
Même les bus qui sautaient, même le petit robot qui faisait exploser les gros pots de cornichons russes, même les soldats, habillés en cosmonaute, rien ne la sortait de sa léthargie.
Même les cours d'hébreu l'ennuyaient, d'ailleurs elle était la seule à avoir redoublé...
Seul le désert lui apportait la sérénité.
C'est bien moi ça, d'habitude le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie...

26/11/2018

Écoutes.

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Je me suis arrêtée sur le palier du troisième pour souffler un peu car je suis une maniaque et faire le ménage me prend du temps.
En réalité, j'écoute. Elle n'est pas en forme la voisine du troisième.
Elle ne quitte plus ses lunettes.
Là elle est au téléphone avec un radiologue.
Il veut lui faire repasser un examen, une IRM, je crois.
Elle n'est pas satisfaite, elle déteste ce genre d'examen.
Elle est... Je ne comprends pas le mot, enfin je crois qu'elle ne supporte pas d'être enfermée.

Elle raccroche, elle discute avec son mari, elle parle de champ visuel, d'électrodes pour stimuler son nerf optique.

Elle cite un drôle de nom. "Lakevio", je crois avoir entendu.
Puis elle dit qu'elle n'a pas envie de faire son devoir...

Elle fait encore des devoirs la voisine du troisième ?

Bon, il faudrait peut-être que je continue...
Les voisins d'à côté parlent d'un album pour l'année prochaine.
Ils font un drôle de métier ces garçons, enfin il n'en reste qu'un qui vit avec sa copine.
Bon le chat fait parfois des saletés dans l'escalier mais ils sont polis.

En descendant, j'entends les petites filles du deuxième.
La plus jeune pleure encore !
Ah la jalousie des enfants...
Bon, tu n'as pas le talent de dire les choses, comme un George Pérec.
Et puis ce n'est même pas un des immeubles bourgeois du coin alors continue ton travail.

01/10/2018

C'était la dernière séance

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Regardez l'ouvreuse de ce petit cinéma de quartier !
Elle sait qu'elle va disparaître.
Elle habite le quartier.
Je ne sais pas si elle travaille au "Royal Monceau".
Il est grand ce cinéma, pour sortir, on passe sous la salle, par les abris de la dernière guerre.
Les enfants courent, la guerre, ils ne connaissent pas, ils ne savent même pas que les tickets de rationnement existent encore.
En y repensant, je pense qu'il s'agit plutôt du "Royal Villiers".
C'est comme ça dans ce quartier, les cinémas sont "royaux", le "Royal Villiers" est plus petit que le "Royal Monceau", il a des loges, des rideaux rouges et des publicités payées par les commerçants du quartier.

C'est long d'attendre le film.
On compte les publicités. On regarde un documentaire animalier.
On regarde même l'attraction de l'entracte, un pauvre magicien qui n'arrive pas à faire sortir le lapin de son chapeau...

Ce doit être un dimanche après midi.
Je suis là, avec mes parents. Les deux ensemble, c'est plutôt rare car le dimanche mon père fait la sieste en écoutant la radio.
Je me souviens du film, "L'auberge du sixième bonheur".

J'adore ! Ma mère aussi. Mon père s'endort...
Chic, il ne ronfle pas, du coup ne fait pas de réflexion car il n'est pas bon public.
C'est le moment du film où on retient son souffle.
C'est là qu'une voix s'élève, une voix qui porte.
Mon père demande à ma mère "Baisse la radio !"

Je vois encore le sourire de l'ouvreuse...

24/09/2018

Vous ne regarderez plus les annonces de la même façon...

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Charmante maison à rafraîchir au lieu-dit "Les os du pasteur" située à 15 minutes du bourg, commerces à proximité, écoles desservies par car.
Ravissante propriété constituée d'un grand séjour sur cuisine ouverte, d'un bureau donnant sur le jardin, de deux chambres à l'étage avec possibilité d'une troisième sous les combles.
Vous serez conquis par le calme et le charme de la verdure.
Quelques menus travaux sont à prévoir.

Pour ceux qui vivent encore dans la maison de leurs parents, je traduis :

 - Située à 15 minutes du bourg : Ça c'est en voiture, sans se soucier des limitations de vitesse  et pas en saison de betteraves car les camions passent sans arrêt et la betterave sucrière, ça sent mauvais et c'est glissant.

 - Cuisine ouverte : Vague îlot carrelé et mal éclairé dans un coin du séjour car la cuisine a été transformée en chambre, en fait cuisine à créer.

- Le bureau : pièce trop petite pour même contenir un lit et donnant sur une friche car le jardin est retourné à l'état sauvage.

- Petits travaux à prévoir : Toiture à refaire car il pleut dans les chambres, planchers des chambres à changer.

- Quel calme : en été les touristes, en automne les chasseurs, en l'hiver le chasse-neige (lorsqu'il peut passer...)

- Quant à l'école, située à quarante kilomètres, pensez que le car lorsqu'il n'est pas en grève, ne peut venir à cause des congères en hiver.

Petit bonus : même l'agence n'est pas au courant, ma belle-mère repose à la cave, sous la chaudière.