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08/05/2017

La vie aux champs.

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Et voilà...

C'est déjà une petite victoire, j'ai réussi à la faire venir.
Elle est sur la défensive.
Il est vrai que nous ne nous voyions qu'au lycée et que nous avons l'esprit de compétition.
Il va me falloir de la prudence pour lui faire comprendre que je m'intéresse à elle.
Plus même, que je l'aime et que je suis capable de mourir pour elle.
J'ai tout de même seize ans ! Je suis un homme !
                              ****

Il me plaît.
Et c'est la première fois qu'un garçon me montre que je lui plais.
J'ai un peu peur.
Je n'ai que quinze et demi et mes parents n'aimeraient pas me savoir seule avec lui.
Et si jamais il voulait m'embrasser ?
Il serait gêné par mes bagues et je serais morte de honte...
                              ****

Ils se regardent.
Ils attendent.
Le garçon se rapproche.
Il est temps de partir.
Je laisse à eux seuls leur premier baiser.

21/08/2016

Ma jeunesse fout le camp.



Ma jeunesse fout le camp, je le sais.
Je me vois chaque matin dans la glace, j'en ai -presque- pris mon parti...

Mais dans ces histoires là on trouve toujours un petit quelque chose qui ravive les souvenirs et efface des années.

Des dizaines d'années...

Rue de Lévis, la dernière boutique de ma jeunesse a fermé, la mercerie bleue.
J'ai acheté là l'abécédaire que je dois finir depuis bientôt vingt ans.
J'ai vu fermer "La Vachette" et le marchand de livres d'occasion.
Celui là même qui me vendait les "Prince Eric" que je lisais gamine avec délectation.
Je ne savais pas encore que les idées de l'auteur ne seraient jamais les miennes...

L'autre jour, à Paris il pleuvotait, alors nous sommes passés par le Passage Jouffroy.
L'hôtel Chopin est toujours là.
Le musée Grévin aussi est là.
Hélas deux boutiques ferment définitivement.
La grande boutique qui vendait des épées, des vêtements et des jeux d'échecs.
C'était un bazar, une boutique qu'on s'attend à trouver dans un souk.
Cette boutique ferme, ma jeunesse vient encore de perdre un morceau.
J'y suis entrée des dizaines de fois avec Madame de.
Nous n'y avons jamais rien acheté.
De sa part, rien de surprenant, mais de la mienne...

Pire encore ! "Comptoir de Famille" ferme !
Ça sent encore la bougie au caramel.
Il ne reste que quelques assiettes et quelques coussins.
J'ai failli en acheter un, juste pour le souvenir.
Je n'ai pas réussi à me décider.
Demain je ne pourrai plus avoir de valse hésitation...

Le Paris de ma jeunesse ferme.
Les boutiques sont remplacées par des chaînes.
Peut être que le bazar va se transformer en un "Prêt à manger"...

23/06/2016

Merveille, Benoîte et les petits Syriens.

Benoîte est morte à l'âge vénérable de quatre-vingt-seize ans.
J'ai lu et relu ses livres.
J'ai même emmené "Les trois-quarts du temps" en Israël.

J'ai aimé son côté bas-bleu et sa lutte, parfois dérisoire, pour les femmes.
Ce n'est pas Simone Veil, on ne lui doit pas la loi pour l'avortement mais la féminisation des mots.
Pour ce qui me concerne, je trouve ça un peu ridicule.
Je me mets pas des "e" partout.

Hier, nous avions Merveille, une Merveille en forme.
On a "joué à la maîtresse".
Elle avait deux élèves de choix...
Elle nous a laissé des devoirs pour samedi.
Le Goût traîne les pieds pour les faire.
Ça ne m'étonne pas de lui.

Merveille a neuf ans.
Elle ne parle plus de repassage.
Elle fait le service minimum, tout occupée qu'elle est à grandir.

Merveille est née en France.
Elle a la chance d'avoir des parents aimants.
Merveille est une petite fille heureuse sauf lorsqu'elle se fait des nœuds au cerveau.

Merveille a de la chance.
Merveille n'est pas une réfugiée Syrienne en Turquie.
Vous savez bien que l'Europe a payé la Turquie pour qu'elle garde chez elle le plus de réfugiés possible.

Merveille ne travaille pas à fabriquer des jeans pour quelques €uros par mois.
Elle ne se ruine pas la santé à utiliser des produits toxiques.
Elle va à l'école et elle aime ça.

Merveille passe en CM1 haut la main en dansant.
Le petit Syrien qu'on a vu passe à l'atelier en toussant.

Merveille, benoite, enfants, jeunesse

09/06/2016

Les "Blousons noirs" des Batignolles.

Square des Batignolles, blousons noirs, jeunesseCe matin je regardais un reportage de Pierre Dumayet, une archive de l'INA sur "la bande des Batignolles".

Le Goût l'a regardé avec moi, il souriait.
Il faut dire que ces gamins ne nous feraient pas peur aujourd'hui.
Ils ont un travail.
Il y a des gens qui s'occupent d'eux.
Des gens qui les logent lorsque leurs parents les mettent dehors à quinze ans...
Je n'en ai reconnu aucun sur la bande de l'INA.
Déjà j'étais plus jeune qu'eux et en principe je n'avais pas le droit de jouer au square des Batignolles...

Vous pensez bien que malgré la bande de commères du coin, celles qui informaient les mères du quartier, il était bien plus drôle d'aller jouer aux Batignolles qu'au Parc Monceau.

Pas de "colline aux billes" au Parc Monceau.
Pas de grotte ni de rigoles pour "trempouiller" ses pieds au parc Monceau.
Un sentiment de liberté rare pour les jeunes de notre époque.

Avec Manou, on évoque souvent cette période
On a dû se croiser des centaines de fois mais nous n'habitions pas exactement le même quartier.
Elle aussi, pendant que je montais la rue avec ma copine, amoureuse du garçon boucher, elle la descendait avec sa copine amoureuse du même garçon boucher.

C'est d'ailleurs par Manou que j'ai appris que le garçon boucher, devenu boucher à son compte, père de famille et tout, est mort depuis plusieurs années.

07/02/2016

La recherche.

sait germain des près,ours,souvenirs,jeunesse

Hier, je suis partie à la recherche de ma jeunesse et celle de l'Ours.
Je suis allée dans ce qui fut le quartier des éditeurs, des cinémas d'art et d'essai, des petits restaurants russes.

La mienne de jeunesse, contrairement à celle du Goût, est plus à Saint Michel.
J'ai vécu rue Saint Séverin, face à l'église,  dans une petite chambre au dernier étage.
Elle donnait sur l'arrière d'un restaurant "faux italien".
C'était à vous dégoûter de manger italien le reste de votre vie...

Hier en arrivant devant chez Sonia Rykiel, j'ai d'abord cru que me trouvais devant un magasin vendant de la lingerie pour professionnelles.
Puis, j'ai vu les livres, des livres partout !
C'est certainement là qu'on trouve le plus de livres dans le quartier.
Le reste ? Rien d'intéressant, on ne rêve plus.

Je suis passée devant la Rhumerie.
Je n'y ai jamais bu que des cafés.
Nous avons pris la rue de Buci et je n'ai rien reconnu.
C'était la rue commerçante du coin, le Goût qui n'a pas les mêmes souvenirs que moi, connaît moins ce coin où j'allais surtout avec l'Ours.
Je lui dirai, à l'Ours, que la boutique Chevignon existe toujours mais que les petits restaurants russes ont disparu.

Ferré regrettait déjà l'âme de ce quartier.
Il mettrait sans doute le feu aux "boutiques à souvenirs" du coin.

Le Goût allait au "Resto U Mabillon", le plus mauvais de Paris.
Votre servante, elle, allait à la "Mission Catholique Vietnamienne" car on y mangeait correctement pour pas cher.

Nous aurions pu nous rencontrer plus tôt si nous avions déjeuné dans les mêmes endroits...