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03/02/2020

Miroir, mon beau miroir

rousse_psyché Ivan Olinsky.jpeg

Cette femme devant sa psyché, se prépare-t-elle à partir ou revient-elle ?
Et s’il y avait quelqu’un derrière elle ?
Dites en quelque chose lundi.
Que vous soyez à la place de l’une, de l’autre, des deux.
À vous de jouer.

Toute ressemblance avec des personnes etc. coïncidence...

Elle finit de se préparer.
Comme d'habitude elle va être en retard.
Il passe derrière, l'embrasse dans le cou et voit encore et toujours cette jolie femme.

Elle voit autre chose, les cheveux devenus courts et gris.
Elle voit un air de vieille directrice d'école à la taille épaissie.
Malgré les efforts des dermatologues, les fleurs de cimetière ont envahi ses mains qu'elle avait si blanches.

Il la trouve belle.
Elle le sait.
Pour lui, elle est toujours la jeune fille en jupe longue Cacharel et T-shirt assorti.

Elle est un peu lasse, elle aime qu'on l'appelle Mamie.
Elle aime embrasser des peaux douces.
Elle ne regrette pas trop la jeunesse où elle courait toujours après le temps.

Elle ne court plus les boutiques.
Elle ne visite plus guère les châteaux car son dos la fait souffrir.

Lui, il me monte plus les escaliers quatre à quatre car il a le souffle un peu court.
Derrière l'homme qu'il est devenu, elle voit toujours
 ce jeune homme aux cheveux si noirs qu'ils ont des reflets bleutés mais elle ne voit pas que ça.

Elle aime aussi qu'il soit plus calme, moins obsédé par le travail.
Alors 
elle oublie rapidement la rousse du miroir et regarde la grise...

 

11/03/2019

Flou artistique

lakevio.jpg

On ne distingue pas pas encore les traits mais on y projette toujours quelque chose.

Voilà...

Une fois de plus on me chasse de ce porche !
Il paraît que je m'étale...
Il paraît que j'ai "des odeurs corporelles"
Il paraît que surtout je fais chuter la valeur des appartements.
Il paraît aussi que les touristes ne viendront plus visiter la Ville Lumière à cause de ma présence.

Je dois rester cachée, comme les rats.
Paris n'est que luxe, calme et volupté...
Il faut cacher cette misère que nous ne voulons pas voir.

Paris est une vitrine.
Les appartements y sont rares et chers.
Il faut attirer le visiteur qui dépensera beaucoup d'argent pour ressembler à un arbre de Noël ou à un homme sandwich...

Les bancs ont été conçus exprès pour être inconfortables pour les gens comme moi.
Un jour, pas si lointain je le sens, à l'aube lorsque le touriste dort encore, on ramassera les gens comme moi pour les exiler dans les campagnes désertes et on fera brûler les morts discrètement.

 

08/03/2018

Aujourd'hui, c'est ma journée.

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Aujourd'hui, c'est la "journée de la femme".
Comme si j'avais besoin d'une journée pour savoir que je suis une femme, une mère et même une grand'mère.

Comme si je pouvais oublier que je suis la mère de l'Ours, qui a cheminé avec moi très longtemps.
Comme si je pouvais oublier que je suis la grand'mère de Merveille et de P'tite Sœur quand je tiens la main de mes petites-filles.
Comme si je pouvais oublier que je suis la femme du Goût qui a toujours besoin de moi.

J'ai toujours détesté ce genre de fête de l'hypocrisie.
La Fête de la Musique me fait saigner les oreilles.
Il faudrait aussi fêter les papillons qui sont en voie de disparition.

Je suis femme chaque jour de l'année et j'ai toujours aimé être une femme.
Je suis une femme d'un certain âge, devenue quasiment invisible sauf pour les "sirop cognac" qui me font des compliments.

Je suis une femme que plus personne ne siffle.
Je suis une femme qui n'entend plus à longueur de journée "C'est à vous ces beaux yeux ?" et qui trouve ça bien dommage.

On me dit "Chaque âge à ses plaisirs."
Foutaise ! Le seul avantage de l'âge c'est de n'être pas mort !

Il nous manque "la journée de l'homme".
L'homme n'aurait donc pas besoin d'être fêté ?

C'est vrai, j'ai oublié, l'homme a tout.
C'est un oppresseur.
C'est un pervers narcissique.
C'est un violeur, un agresseur sexuel.
C'est tout ? Vous êtes sûres ?

L'homme qui partage ma vie fait la cuisine.
Lorsqu'il me voit monter péniblement sur un tabouret pour faire les vitres, il me prend le chiffon des mains et les fait à ma place.

Mais voyez vous, avant d'être invisible, j'ai toujours su faire la différence entre un gros lourd et un agresseur.
J'ai toujours su faire la différence entre l'hommage maladroit et l'agression.
Entre les hommes et les bêtes...