Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08/11/2021

La boulangère a des écus...

la boulangère_Millet.jpg


Millet a peint cette boulangère avec le génie qu’on lui connaît.
Mais que fait réellement cette boulangère ?
Où est donc le boulanger ?
Je me demande si…
Mais d’ici lundi, les idées foisonneront peut-être.
Je l’espère…

Millet n'a pas fait de moi un portrait flatteur.

Je ne me vois pas faire de la publicité pour des petits pots de crème...
On me voit plus assommer un lièvre d'un vigoureux coup de bûchette pour en faire un pâté en croûte que mélanger délicatement de la pâte à beignets pour faire des "merveilles".

Pour l'instant, il n'est pas question de bugnes, merveilles et autres délicatesses.
Ce saligaud de père Mathieu a essayé de porter sa main sur moi alors je l'ai assommé avec une poêle.
Un peu fort sans doute puisqu'il en est mort.

Je l'ai dépecé, j'ai bien fait cuire sa chair et là, je vous prépare des petits pâtés à la viande dont vous me direz des nouvelles.

Ce n'est pas la première fois que je me débarrasse d'un fâcheux d'ailleurs le Sieur Millet devrait faire attention à lui...

03/02/2020

Miroir, mon beau miroir

rousse_psyché Ivan Olinsky.jpeg

Cette femme devant sa psyché, se prépare-t-elle à partir ou revient-elle ?
Et s’il y avait quelqu’un derrière elle ?
Dites en quelque chose lundi.
Que vous soyez à la place de l’une, de l’autre, des deux.
À vous de jouer.

Toute ressemblance avec des personnes etc. coïncidence...

Elle finit de se préparer.
Comme d'habitude elle va être en retard.
Il passe derrière, l'embrasse dans le cou et voit encore et toujours cette jolie femme.

Elle voit autre chose, les cheveux devenus courts et gris.
Elle voit un air de vieille directrice d'école à la taille épaissie.
Malgré les efforts des dermatologues, les fleurs de cimetière ont envahi ses mains qu'elle avait si blanches.

Il la trouve belle.
Elle le sait.
Pour lui, elle est toujours la jeune fille en jupe longue Cacharel et T-shirt assorti.

Elle est un peu lasse, elle aime qu'on l'appelle Mamie.
Elle aime embrasser des peaux douces.
Elle ne regrette pas trop la jeunesse où elle courait toujours après le temps.

Elle ne court plus les boutiques.
Elle ne visite plus guère les châteaux car son dos la fait souffrir.

Lui, il me monte plus les escaliers quatre à quatre car il a le souffle un peu court.
Derrière l'homme qu'il est devenu, elle voit toujours
 ce jeune homme aux cheveux si noirs qu'ils ont des reflets bleutés mais elle ne voit pas que ça.

Elle aime aussi qu'il soit plus calme, moins obsédé par le travail.
Alors 
elle oublie rapidement la rousse du miroir et regarde la grise...

 

08/01/2018

Le sens du devoir...

lakevio.jpg

Elle rentrait tranquillement.
E
lle n'avait pas résisté aux tulipes.
Elle a entendu le téléphone sonner et s'est précipitée.

Elle a abandonné son sac, ses gants et a couru, le téléphone lui laissait entendre que la personne allait raccrocher.
Elle a abandonné l'idée d'allumer une cigarette et s'est promise, une fois de plus d'arrêter...

- Agatha Carter ?

- Elle-même, je vous écoute.

- Je suis Arthur Rimbaut, avec un "t", des éditions de l'Eléphant Bleu.
Nous envisageons de publier votre roman, il a des accents de sincérité qui vont plaire aux lecteurs.

- Je vous remercie, je dois réfléchir, j'ai envoyé ce manuscrit sur un coup de tête, je ne sais pas si j'ai envie de le voir publié, je vous rappelle.

Agatha allume machinalement une cigarette.
Elle se voit assise écrivant rageusement sa colère, sa frustration et racontant les manies, la mesquinerie, la maladresse de son mari.
Puis racontant sa rencontre avec un autre homme, ses escapades, le plaisir, l'envie de partir avec cet homme, ses hésitations, le départ de son amant.

Elle a peur, si son roman est publié, que son mari ne découvre tout...

L'envie de voir son nom sur une couverture de livre est la plus forte.
Elle se voit signant dans des salons prestigieux, son livre en tête des meilleures ventes.

Elle rappelle et signe.

Aujourd'hui, elle est mariée avec Paul un écrivain rencontré chez une libraire parisienne...

20/02/2017

Les trois soeurs.

lakevio.jpg

Nous avons toujours été le regret de mon père.
Il voulait un fils pour reprendre le domaine.
Il a élevé l'ainée de ses filles comme le fils qu'il n'a pas eu.

A la mort de père, elle a repris le domaine.
Ah, il fallait la voir surveiller "ses gens" et parcourir les terres, à cru sur son pur-sang.

Elle a refusé tous les prétendants.
Elle n'aimait que son amie Violette, morte depuis quelques années.

Il était trop tard pour nous marier.
Nous n'aurions attiré que les coureurs de dots...

Maintenant, nous vivons là toutes les trois, accusant ma sœur de nous avoir gâché la vie.
Barbara s'est usé les yeux à force de lectures édifiantes.
Elle passait sa vie au presbytère.
Je crois qu'elle avait un faible pour le vicaire...

J'ai tiré l'aiguille pour habiller les miséreux du coin et pris l'habitude d'aller voir les femmes en couche dans les taudis.
J'ai souvent eu envie de revenir avec un petit.
Il aurait reçu l'amour et l'éducation qu'il méritait mais je n'en ai jamais eu le courage.

Aujourd'hui, il est trop tard.
Il faut abandonner les rancœurs.
Il faut apprendre enfin à nous aimer.
Nous sommes seules toutes les trois pour le temps qu'il nous reste à vivre.

Les prières de Barbara vont enfin servir...

04/07/2016

Auprès de mon arbre...

peintre,lakevio,tableau

C'est le dernier tableau de la saison.
C'est sans doute pour ça que l'inspiration ne me vient pas et que les fenêtres de ma maison sont déjà fermées...

Je vais aller m'installer sur le banc, rêver sous l'olivier et penser à mon atelier.
Cet atelier ? Un prêt de Matisse.
Je vais rêver à Notre Dame.
Je suis un contemplatif, j'aime regarder Paris de ma fenêtre et regarder couler la Seine.
C'est mon voyage immobile.

Je suis un homme timide qui donne dans le fauvisme avec une touche de grisaille.
Comme est souvent le ciel de Paris.

Mon pied bot a fait de moi un homme timide et un fauve contemplatif, étonnant, non ?

Installé sur mon banc, mon esprit est déjà à Paris.