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05/03/2019

Ma déclaration.

Le Goût vous entretient longuement de mes petits défauts, de mon habitude de traîner lorsque nous allons au ravitaillement, ce qui revient souvent.
De mon habitude détestable d'arriver en retard.
De ma rousseur qui n'existe plus que dans sa mémoire et autres billevesées.
Je ne vous parle jamais de ses manies...
C'est un homme.
Il vieillit.
Il a encore le cheveu dru.
Il a encore le pas alerte.
S
auf en montée...
Mais comme tous les hommes, il ne remarque que ce qui l'avantage.

Il ne rate jamais un train.
Et pour cause ! Il est tellement en avance qu'il pourrait prendre celui d'avant.
En revanche il peut rater un avion en faisant sonner son réveil à cinq heures.
Mais de l'après midi parce qu'il n'a pas vu "PM" sur l'écran du radio-réveil.

Je parle d'aller au ravitaillement ?
Il me suffit de me tourner pour le voir harnaché !
Vêtu comme s'il faisait moins quinze alors que je suis pieds nus.

Il a fait une liste ?
Il l'oublie !
Il met trois heures à choisir un pot de miel mais est beaucoup moins regardant sur la qualité du chocolat et des petits gâteaux qui vont avec.

Ah il faut le voir ! Tel la plus jeune de ses petites filles, il prépare ses gâteaux, petits, et les décore de deux carrés de chocolat.

Il est tout de suite plus humain, vous ne trouvez pas ?

Provision, le Goût, le temps élastique

07/01/2019

Hier, c'était l'anniversaire du Goût.

les filles,le goût,la galette

Nous avons eu les filles, pas longtemps.
On a quand même fini sur les rotules.
Un réveillon de Noël avec les enfants.
Un réveillon du Nouvel An avec Tornade.
Un anniversaire du Goût avec les enfants.
Tout ça, ça crève.

Nous avons amené les filles voir les bêtes nées au Jardin des Plantes.
Un bébé orang-outan dans les bras de sa mère qui a fini par le jeter dans un carton.
Si vivement qu'il s'est réveillé alors elle a récupéré le petit dans le carton et a recommencé à le bercer...

Il y eut aussi deux petites panthères des neiges de cinq mois qui vous dévorent un gros poulet plus vite que je ne l'écris.

Des rats aussi, de l'espèce la plus commune, indifférents aux visiteurs.
Ils viennent se servir dans la nourriture des oiseaux et restent dans le coin pour trouver la gamelle plus vite, le rat est une espèce intelligence et ils invitent leurs copains.
Ils évitent prudemment les cages des aigles et de vautours...

C'était déjà bien fatigant.
Ensuite, on a attendu les illuminations, un queue digne d'une boulangerie polonaise à l'époque du "Grand Frère" russe.
Les filles ont adoré, nous aussi.
On est mort...

 

27/09/2018

Cuisine et dépendances

Hier, j'ai demandé au Goût de me faire des kefta.
C'est l'Ours, le champion de cette spécialité marocaine, le père a donc téléphoné à son fils qui lui a dicté sa recette.
Après avoir acheté la viande, il manquait encore quelques épices, du paprika et du curcuma, que le Goût a achetés chez un Indien.
Le plat était superbe, délicieux.
Mais piquant, très piquant...
Chez l'Ours, ça ne pique pas car Merveille n'aime pas quand ça pique.
P'tite sœur, elle, ne mange pas de kefta.
Renseignement pris auprès de l'Ours, il apparaît qu'il existe deux sortes de paprika.
Un pas piquant et un piquant, je dirai très piquant.

Ce matin, j'ai encore les papilles endolories...

Le Goût, kefta, cusine

 

03/08/2018

J'ai survécu.

Je sais, je ne suis pas malade.
Je ne suis que garde malade...

Lorsque le Goût est malade, un rhume, une bronchite, une gastro, il meurt.
Mais pas en silence.

Si c'est grave, deux vertèbres cassées, un corset pendant huit semaines en plein été et qu'il fait chaud, on ne l'entend pas.
S'il a un cancer, on ne sait même pas s'il est là, il vaque comme si de rien n'était.
Sinon, aïe aïe aïe !!!

Hier, le Goût a dormi presque tout la journée, il ne s'est même pas rendu compte de mon absence.
L'Ours a téléphoné, il n'a pas entendu.

Pendant les rares moments où il ne dormait pas, il cherchait sur le Net, il souffre donc :
- De la maladie du légionnaire (en fait une bronchite).
- D'une crise de goutte ( en fait d'un bleu à la cheville).
Il a à peine plus de 37° ce matin, et  sur la cheville, il ne sait pas comment il a fait ce bleu.

Bon, je vous l'accorde, il tousse beaucoup, et il n'a plus beaucoup de capacité respiratoire mais il devrait relativiser.
Il a un fils, une femme, une belle fille, tous avec de l'asthme.

Ce matin, il va mieux, il va quand même aller à son rendez vous chez le médecin.

Le Goût supporte tout sauf de souffrir d'une maladie banale.

Le Goût, maladie, chaleur, Paris

13/06/2018

La journée des souvenirs.

Le Goût ne manque pas de famille, surtout du côté de son père.
Tous sont des enfants de "pied-noir" et presque tous au soleil.

Ils se voient aux enterrements car les petits-enfants sont encore trop jeunes pour assister à des mariages ou fêter des naissances.
Alors hier, nous étions réunis pour pleurer,
Qui la petite sœur, qui la cousine, qui la mère, qui la conjointe.
Mais tous pour pleurer l'artiste, la lumineuse S.

Hier, son compagnon, le père de sa fille, a réussi l'exploit de nous empêcher de pleurer, d'oublier ce corps torturé.

Le curé savait bien qu'il se trouvait devant une bande de mécréants.
Le Requiem de Fauré a failli avoir ma carapace...

Nous nous sommes retrouvés à "l'Industrie", là où S. nous voyait les derniers temps car c'était à côté de chez elle.
Ça ne nous a pas fait pleurer.
Ou un petit peu...
Elle était là, avec nous, un livre de philo à la main, discutant avec les mains d'esthétique, elle dont les mains souffrantes continuaient à créer.

Nous nous sommes retrouvés au Père Lachaise, toujours en musique, les larmes un peu plus présentes.

Elle aimait le Père Lachaise.
Elle ne pensait certainement pas se retrouver dans une urne.
On lui dira un dernier adieu dans six mois, le temps nécessaire pour trouver de la place.

On va peut être réaliser, à ce moment là, qu'on ne la verra plus parler avec les mains.