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14/10/2018

Mon premier chez moi.

Je venais d'avoir dix huit ans et j'ai claqué la porte de chez mes parents.

Je suis partie chez ma grand'mère, la mère de mon père, qui m'a hébergée.

Je ne pouvais même pas imaginer que ma grand'mère avait une vie bien à elle, j'avais dix huit ans, tout le monde me paraissait vieux...

Ma grand'mère, qui connaissait la terre entière, a trouvé une chambre, pas un studio, non, une piaule.
C'était rue Saint-Séverin, sur la "rive gauche" pour une lectrice qui se reconnaîtra.

J'ai dû trouver un travail pour pouvoir continuer mes études.

La rue Saint Séverin puait le graillon. J'habitais juste à côté d'une salle "d'art et d'essai" qui a bien sûr disparu.

Mon immeuble était moche et je passais devant les poubelles de la pizzeria pour y entrer. Heureusement j'habitais au dernier étage, je n'ai jamais voulu manger dans cette pizzeria...

J'ai quitté l'endroit avant de savoir si le plafond allait me tomber dessus ou si le plancher allait céder sous mes pas.
Je n'ai jamais su...

Pourtant, j'ai d'excellents souvenirs de cette période.
Sauf la première nuit.
J'ai pleuré.
C'était la première fois que j'étais vraiment seule...

Rive Gauche, Paris, souvenirs

26/06/2018

L'aventure, c'est l'aventure.

Merci à Célestine pour le rappel de ce moment.
Je ne suis pas une aventurière, plus exactement je suis une aventurière qui aime son confort.
Pas "l'aventurière sac-à-dos", pas non plus ""l'aventurière Hilton".
Je n'aime pas la chaleur mais j'aime le désert.
Celui du Néguev et celui de Pétra, les déserts où je respire bien, où la chaleur est sèche.

Je comprends Ben Gourion qui a fini sa vie dans le Néguev avec ses livres.

Nous habitions Tel-Aviv (la colline du printemps). C'est l'Amérique au Moyen-Orient.
Le Goût travaillait beaucoup alors je m'ennuyais. Je prenais donc l'avion pour aller "respirer" l'air de Paris.
Je voulais mettre des pulls, avoir froid...

Mais revenons à Pétra.
Un week-end de "Shavouot", oui là bas, les jours fériés ne s'appellent pas pareil, c'est l'équivalent de la Pentecôte ici, nous sommes partis à Pétra.

Un peu tard dans la saison alors il faisait très chaud. Nous avons attendu à la frontière israélo-jordanienne pendant des heures.
On nous a échangé moyennant finances, comme des otages, un visa quand tu es un Américain coûte plus cher qu'un visa quand tu es Français.
Compter le "dinar pour Français" à un franc et les "dinar pour Américain" à un dollar...

Nous avons vu Aqaba, juste le temps de se dégourdir les jambes et hop dans un mini-bus direction Pétra.

Arrivée à l'hôtel avec piscine glacée et paysage magnifique.
J'ai eu l'impression de me retrouver dans un film hollywoodien où la production aurait fait des économies.
C'était un palace un peu décati, avec des serveurs partout, il ne manquait qu'Hercule Poirot pour se croire dans un roman d'Agatha Christie.
Pétra, c'est superbe, c'est encombré comme l'Opéra à dix-huit heures.
Vous y êtes surveillés comme le lait sur le feu.
Vous ne sortez pas du site même pour déjeuner.
La suite à montré qu'on ne doit pas manger de salade à Pétra...

israël pétra,souvenirs

 

05/08/2017

Pourquoi, j'ai mangé mon père.

Sophie, qui n'a pas de blog, me demande pourquoi je ne parle jamais de mon père.

Je n'en sais rien.
Il a remplacé ma mère pendant un temps.
Il m'a conduite chez ma grand'mère chaque matin en partant travailler.
Je ne me rappelle même pas sa compagne.
Elle est morte en couches pendant que ma mère vivait sa vie ailleurs.
Je me rappelle qu'il me suffisait de citer un auteur pour qu'il revienne avec plusieurs livres.
Je suis restée sa fille préférée.
Mon père était du genre silencieux.
Je ne peux pas dire que nous ayons eu de grandes conversations.
Il ne parlait pas.
Il n'a même pas raconté sa libération par les Russes...
On sait seulement qu'il a juste décidé de nous tuer si les Russes arrivaient en France.
Lorsqu'il a arrêté de travailler, il est retourné se réfugier dans les livres.

Il est mort alors que je venais d'arriver en Israël.
Il n'avait jamais vu de médecin de sa vie.
Le seul qui est venu à la maison, il l'a traité de nazi.

Mon père était un personnage singulier, un personnage de roman.

Père, souvenirs, déni

31/05/2017

Il fait chaud...

Il fait chaud et lorsqu'il fait moins chaud, il fait lourd.
Et je n'aime pas ça.

Je sors quand même mais je reste dans mon coin.
J'emprunte la passerelle car les ascenseurs fonctionnent rarement.
Le Goût soupire mais suit.
C'est un exercice comme un autre, comme se servir de ses pieds au lieu de prendre l'ascenseur alors on le fait.

Certaines se font des pauses avec tasse de thé et télé.
Moi je me fais des visites virtuelles des endroits où j'ai vécu.
Hier par exemple, je me suis offert une visite de Tel-Aviv.
Le palmier pousse toujours devant chez mon ex-chez moi...

J'ai également visité l'avenue Legrand à Bruxelles.
Mon salon de coiffure à changé de nom, mon "Delhaize" n'existe plus mais "Inno" est toujours là.
Je ne recherche pas tout, non, je ne vais pas vérifier si mon boulanger est toujours au même endroit.

Je me souviens aussi du café, pas celui du coin, non un autre un peu plus loin.
Je me souviens de cet appartement trop grand et vide.
Nous avons quitté Bruxelles avant de recevoir nos cartons en provenance d'Israël.
A l'époque, nous ne savions pas que nos cartons arriveraient trois ans plus tard et à Paris.

Je ne fais pas de visites virtuelles de Paris.
Je n'ai pas besoin, il me suffit de prendre le train.
Il est évident que je finirai par aller faire un tour à Bruxelles.
Pour Tel-Aviv, c'est moins sûr...

chaleur, Bruxelles, souvenirs

16/02/2017

Bruxelles ma belle

bruxelles,tel-aviv,souvenirsUn jour, j'ai quitté Tel-Aviv pour un séjour à Paris.
Je ne savais pas encore que je venais de dire adieu à ce petit pays...

Les employeurs du Goût avaient décidé de l'envoyer à Amsterdam.
Après l'hébreu, apprendre le hollandais, ça faisait beaucoup.
J'ai demandé si Bruxelles pouvait convenir.
Ils voulaient bien.
Comme ils voulaient planter le Goût, que ce soit Amsterdam où Bruxelles...
Le Goût est retourné à Tel-Aviv et moi j'ai cherché un appartement à Bruxelles.

Trouver un appartement à Bruxelles, c'est facile.
Pas de formalités sans fin, pas besoin de fournir trois tonnes de papiers, c'est très simple.
Vous ouvrez un compte exprès, vous mettez trois mois de loyer dessus et seuls votre signature et celle du bailleur jointes peuvent débloquer le compte.

J'ai trouvé un appartement dans une petite avenue, l'avenue Legrand.
Un trottoir à Uccle, l'autre à Ixelles, l'avenue Louise à un bout, la chaussée de Waterloo à l'autre.

Un grand appartement presque vide et qui l'est resté.
On a attendu, attendu... attendu... mais notre container n'est jamais arrivé.
Il est arrivé à Paris, plus de trois ans après son départ de Tel-Aviv.

Je connaissais Bruxelles, j'aimais la ville et y avais passé quelques week-ends.
Mais faire du tourisme 
et vivre dans une ville, ce n'est pas la même chose.
Il a fallu
que j'apprenne que les magasins n'avaient pas les mêmes horaires que ceux de Tel-Aviv qui sont ouverts jour et nuit.

J'ai beaucoup aimé Bruxelles malgré la fin difficile de nos relations franco-israéliennes...