Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27/04/2018

Insensiblement...

Si tu t'imagines fillette, fillette, que ça va durer toujours, ce que tu te goures...

Bien sûr qu'on s'imagine que ça va durer toujours !
On cavale, on porte des cartons, on fait des batailles de boules de neige avec son gamin, on grimpe les escaliers quatre à quatre.
Et évidemment qu'on s'imagine que ça va durer toujours !

Le temps passe.
Le gamin se marie.
Il a des enfants.
On tient encore le coup avec la première Merveille.

Puis six ans après, arrive P'tite Soeur.
Les deux premières années, on ne s'aperçoit de rien, Merveille vient toujours seule chez Papy et Mamie, la petite détourne la tête lorsqu'elle nous voit.

Merveille joue à saute moutons sur les colonnes de Buren, mange une glace passage Vivienne et si on évite les miroirs, on se sent toujours jeune.

Bon, le matin, j'émets quelques "aïe" car la machine est un peu grippée.
Mais c'est bien connu, si à partir de cinquante ans, un matin
 on n'a pas nulle part, c'est qu'on est mort.
Depuis, on a les filles, les deux, c'est un lot.
Si on veut un peu d'harmonie, on finit toujours par prendre une fille chacun pour permettre à chacune de choisir son activité.

Je me retrouve souvent au jardin avec P'tite Sœur, à quatre ans et demi, on a des goûts simples.

On finit la journée sur les rotules, on a vieilli.

Le Goût tousse, il a dû attraper ça chez le médecin, ça lui fait mal sur le côté, ma hanche réclame du titane.
On refuse même de se regarder dans la glace de l'ascenseur car on ne se reconnaît plus.

On continue à trouver la vie chouette.
C'est peut être qu'on commence à perdre la tête mais on s'en fiche.
On est heureux.
Pourtant, on n'a jamais été cantonnier...

Age, douleur, Juliette Gréco

23/07/2016

Ce matin, j'ai ouvert les yeux.

Ce matin, j'ai ouvert les yeux et rien que ça, c'était bien.

Machinalement, j'ai regardé l'heure, il était plus de sept heures.

Depuis que ma mère est morte, je sais que je suis née le 23 juillet 19.. à sept heures moins cinq.
Avant je ne m'en souciais pas.
Ça faisait partie d'un rituel.
Je lui demandais l'heure de ma naissance.

Ce matin, les fenêtres sont ouvertes.
J'entends le bruit des trains.
Il fait plus frais pour l'instant et je ne me sens pas différente d'hier.

Je n'ai pas la nostalgie de mon enfance.
Elle fut comme toutes les enfances d'après guerre, un peu chaotique...

Le coup de nostalgie, je l'ai eu en recevant les photos envoyées par la grande sœur du Goût.
L'Ours dans mes bras.
L'Ours qui a fait de la résistance ce jour là, il refusait de sortir de son cocon, déjà.

Notre photo de mariage.
Le Goût y ressemble à un premier communiant.
Il pose une main sur mon ventre et pourtant je suis à peine enceinte.

Comme le temps passe vite !
J'ai juste envie de le retenir pour voir grandir les filles.
Et voir l'Ours s'arracher les cheveux lorsqu'elles seront amoureuses...

anniversaire, âge, enfance

06/02/2015

J'ai accepté mon âge.

 

âge,vieillesse ennemie,cheveux blancs

J'ai accepté l'idée que la cortisone que je prends matin et soir ne me permettrait jamais de retrouver mes cinquante kgs, ceux que j'avais encore à cinquante ans avant de devenir asthmatique.

J'ai décidé d'arrêter de me teindre les cheveux.
On ne fait guère illusion, même à soi.
J'espérais un joli blanc, c'est raté.
C'est gris sur le devant et châtain derrière...

J'ai accepté d'être une mamie confortable qui sent bon.
C'est Merveille qui aime mon parfum.
Elle me dit que je suis belle, que je suis faite pour elle.
Bon, là je m'égare.
Patricia Kaas sort de ce corps !

J'ai accepté à mon corps défendant de vieillir.
Je suis vivante.
J'aime Paris en toutes saisons.
J'ai deux merveilleuses petites filles, des enfants gentils.
J'ai un Goût presque toujours à mon goût...