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24/03/2020

Jour 9, on continue ?

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Notre livraison n'étant toujours pas arrivée, le réfrigérateur criait famine.

Nous sommes donc sortis pour aller nous ravitailler.
La sécurité est mieux assurée.
On ne rentre qu'un par un dans le Monop'.
Le personnel est protégé et les rayons ne sont pas complètement vides.
On va survivre.
Peut-être car...
À peine sortis pour aller chercher une baguette, une vieille dame masquée, s'appuyant sur sa canne, s'approche de nous pour nous demander l'adresse d'un tabac.
Elle affiche quatre-vingt ans minimum au compteur.
La mamie est en plus sourde comme un pot.
Le Goût a tenté de lui indiquer un tabac, elle s'est approchée.
Respecter la "distance de sécurité" avec une sourde, ce n'est pas facile.
Elle a levé son masque, c'est encore mieux.
Il faut croire que ça la gênait pour parler...

Elle nous a remerciés et, légèrement claudicante, elle est partie chercher ses clopes en nous félicitant de ne pas fumer.

C'est grâce à ces rencontres que nous ne nous ennuyons jamais.
Si on regarde bien autour de soi, on peut rire tous les jours...

22/03/2020

Jour 7, on s'habitue ?

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Comment obéir et ne pas sortir du tout ?

Nous avons passé un long moment hier matin à essayer de trouver une livraison via le Net.
"Monoprix panier + " ne répond plus.
De toute façon, collectionner le PQ et le beurre n'est pas une bonne option.

On ne prévoit pas d'attraper une gastro dans les prochains jours et ça ne s'attrape pas par le téléphone.
Quoi qu'en pensent certains.

Carrouf' nous livrera le 31 mars et nous n'avons pas d'os à lécher.
Va falloir tenter une sortie...

Hier après midi j'ai voulu repasser.
Confinée peut être mais douchée, parfumée et habillée. Na !

J'ai mis "Friends" en fond sonore.
C'est ce que je mets dans le lecteur quand je repasse.
Évidemment, le téléphone a sonné.
C'est automatique : Je mets Friends, le téléphone sonne.
C'est bon à savoir si un jour, je m'ennuie...

Papotage.
Résultat du repassage : Trois chemises.
À cette vitesse, je peux rester confinée.
J'ai décidé, seulement si j'ai le temps, de réapprendre à jouer à la crapette.
Justement j'ai le temps.
La crapette peut rendre le confinement intéressant.
On peut s'engueuler pour une bonne raison...

 

21/03/2020

Jours 6, ça va devenir terriblement monotone

coronavirus,confinement,photos des filles

Il est clair qu'on va rester confiné plus longtemps que prévu.
Je pense aux promenades du Goût avec son père :

- C'est encore loin ?
- Tu vois le lampadaire là bas ?
- Oui...
- Ben c'est pas là...
Le confinement c'est ça.

Hier, on est allés faire quelques courses.
Oh, pas loin ni beaucoup !
Du sucre qu'on achète très rarement.
Il a fallu que ça tombe pendant cette période...
Vous pouvez être rassurés, on ne trouve plus de sucre non plus.
Je me demande si ceux qui sont restés à Paris n'ont pas choisi de se suicider en mangeant des gâteaux maison.

Mon rocker de voisin a vu les concerts de son groupe annulés.
Les prochains sont prévus en Juillet.
Sortez les scrabbles, ça peut durer un moment ce truc...
Notre rocker nous a proposé son aide.
Savoir qu'on n'est pas uniquement entre vieux seniors dans cet immeuble a quelque chose de rassurant.

Même son chat est confiné, Minouche ne traîne même plus dans les escaliers.
Elle n'a peut-être pas envie d'avoir à se mettre du gel hydroalcoolique sur les coussinets...
Appartement silencieux, radio éteinte, marre d'entendre parler du coronamachin.

 

20/03/2020

Jour 5, essayer de contrôler mon hypocondrie.

confinement,expérience culinaire

Le panier Monoprix, c'est bien mais on n'achète pas ce genre de choses d'habitude.

Hier soir, on a mangé du jambon et des pâtes fraîches, c'était bon.
Enfin sur le moment...

Cette nuit, en dehors des crampes qui me font me lever et marcher toutes les nuits, ce qui me permet de constater que le Parisien dort après avoir enfreint les règles, j'ai eu l'impression d'élever une portée de chats dans l'estomac.

Déjà, en période normale, je n'aurais jamais osé déranger un médecin pour ça.
Mais j'aurais pu jouer avec l'idée...
Inutile de vous dire qu'en période de crise, je me vois dans le meilleur des cas, sur le point de mourir.
Cette nuit j'ai laissé travailler mon imagination qui m'a emportée dans un monde meilleur.
J'ai fini par m'endormir...

Hier nous ne sommes pas sortis.
Même pas pour aller chercher du pain.
A la place, j'ai descendu et monté les escaliers plusieurs fois.
C'était ma gymnastique, mon "activité physique" comme dit le Président.

Nos libertés individuelles se sont encore restreintes à cause d'imbéciles qui croient à un "complot mondial".
Même dans ma rue déserte, j'ai vu un troupeau d'andouilles faire semblant de courir.

Les carreaux sont propres, le confinement a du bon.

Les copines téléphonent pour proposer de nous mettre des produits de première nécessité derrière notre porte.

Le téléphone est une merveilleuse invention.

19/03/2020

Jour 4

confinement,paris,silence

J'ai décidé de tenir un journal du confinement.
Je dois dire que c'est moins simple que ça n'en à l'air...

Nous avons suivi le conseil d'une commentatrice et commandé un "panier +" chez Monoprix.
Panier livré le jour même par un malheureux, parlant mal français, ne respectant pas les consignes de distance, équipé d′une paire de gants chirurgicaux en triste état.
J'étais vraiment désolée pour lui qui livre toute la journée.

Le panier est très bien.
Pommes, pâtes, papier toilette, pas de quoi soutenir un siège mais la possibilité de se nourrir pendant quelques jours.

On a l'impression de vivre dans une ville fantôme.
Hier soir à vingt heures, nous avons concouru aux applaudissements qui encouragent et remercient le corps médical.
C'est là que nous avons vu que nous n'étions pas seuls même si nous n'en sommes pas encore à converser d'une fenêtre à l'autre.
La vie sociale manque, le téléphone, c'est bien mais ça ne remplace pas le contact physique.
Alors que l'Ours peste après ses filles, j'aimerais bien embrasser tout le monde.

Nous n'oublions jamais que nous sommes deux mais que la vie n'est pas plus simple pour les autres.

Notre arrondissement est un grand arrondissement.
Lorsque nous allons nous dégourdir les jambes du côté du Sacré Coeur, les rares piétons de Paris respectent
les distances.
En revanche, en descendant vers l'avenue, c'est le foutoir.
Ça s'embrasse, ça crie, ça essaie de vendre sa salade ou son "herbe" comme si rien n'avait changé.