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02/09/2019

Départ définitif ?

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Voilà...Être la seule fille avec quatre frères et un père violents dans une petite ville des Etats Unis n'est pas un gage de réussite...

Hier soir, Ben, l'aîné, le cerveau vide et les coups faciles a levé la main sur moi.
C'était la fois de trop.

Non, je n'allais pas remplacer ma mère morte d'épuisement.
Non je n'allais pas rester dans cette petite ville moribonde à servir mon père et mes frères.

Ils se couchent tôt dans la famille.
Le repas expédié, la santé du troupeau passé en revue, ils dorment tous du sommeil du juste.

J'avais préparé ma valise pendant qu'ils étaient aux champs, je me suis vêtue de mes plus beaux vêtements, ceux réservés à l'église et j'ai pris le train pour la grande ville.
Personne ne m'y cherchera.

J'ai l'habitude de travailler durement.
Je ferai mon trou dans cette ville anonyme.
J'apprends vite.
J'ai commencé dans le train...

 

 

03/10/2016

Un bonheur insoutenable.

Dire que nous n'avions pas vu que nous étions heureux...

Nous n'arrêtions pas de nous plaindre.
Des enfants qui ne sont pas sages.
Des enfants qui n'ont pas de bonnes notes.
De la vie qui nous fait courir.
Du manque de temps.
Si nous avions su...

C'est arrivé doucement.
Nous n'avions plus le droit de nous déplacer.
Nous fûmes assignés à résidence.
Puis ils ont commencé à interdire les livres.
Des amis ont disparu.

La peur est arrivée, insidieuse.
Nous surveillions sans cesse les enfants car certains avaient été enrôlés de force.

Puis nous avons commencé à manquer de tout.
Nous avions faim.
Nous avions froid.

Enfin nous avons décidé de nous sauver.
Il nous fallait garder un peu de nourriture alors que nous avions déjà faim.
Puis de l'argent pour payer le passeur, alors que nous  en avions si peu...

Notre détermination était sans faille.
Nous allions réussir.
C'était certain.

Nous serions alors accueillis.
C'était un pays de cocagne.
Nous voulions travailler.
Nous voulions que nos enfants aillent à l'école.

Nous voulions absolument remercier le pays qui nous accueillait.


Nous nous sommes retrouvés derrière des barbelés.
Nous avions perdu nos enfants en route.
Nous avons perdu l'espoir.
Pourtant, nous en avions rêvé de ce pays...

Lakevio, jeu, fuite, peur

20/06/2016

Juste mariés ou presque.

mariages.jpg

Je ne suis pas arrivée à m'enfuir.
Je fais bonne figure mais je suis morte de trouille.
Pourvu que personne ne s’avise de mon regard sur lui.
Imaginez qu’ils découvrent que ce n'est pas de l'amour.
Juste de la réflexion.
S’ils pouvaient lire en moi ils m’entendraient penser « mais comment vais-je me sortir de ce mauvais pas ? »
Oh, il est pourtant bien ce garçon !
Bon, d’accord, il plaît à ma famille.
Il leur semble même parfait.
Il me plaît aussi.
Mais il me plairait encore plus si je n'avais pas dû l'épouser.
Moi qui ai toujours réussi à m'enfuir avant la signature, je n'arrive même pas à couper ce fichu gâteau.

Bon, je vais aller me repoudrer et hop ! À moi la liberté !