22/03/2020
Jour 7, on s'habitue ?
Comment obéir et ne pas sortir du tout ?
Nous avons passé un long moment hier matin à essayer de trouver une livraison via le Net.
"Monoprix panier + " ne répond plus.
De toute façon, collectionner le PQ et le beurre n'est pas une bonne option.
On ne prévoit pas d'attraper une gastro dans les prochains jours et ça ne s'attrape pas par le téléphone.
Quoi qu'en pensent certains.
Carrouf' nous livrera le 31 mars et nous n'avons pas d'os à lécher.
Va falloir tenter une sortie...
Hier après midi j'ai voulu repasser.
Confinée peut être mais douchée, parfumée et habillée. Na !
J'ai mis "Friends" en fond sonore.
C'est ce que je mets dans le lecteur quand je repasse.
Évidemment, le téléphone a sonné.
C'est automatique : Je mets Friends, le téléphone sonne.
C'est bon à savoir si un jour, je m'ennuie...
Papotage.
Résultat du repassage : Trois chemises.
À cette vitesse, je peux rester confinée.
J'ai décidé, seulement si j'ai le temps, de réapprendre à jouer à la crapette.
Justement j'ai le temps.
La crapette peut rendre le confinement intéressant.
On peut s'engueuler pour une bonne raison...
09:40 | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : habitude, confinement, ravitaillement
21/03/2020
Jours 6, ça va devenir terriblement monotone

Il est clair qu'on va rester confiné plus longtemps que prévu.
Je pense aux promenades du Goût avec son père :
- C'est encore loin ?
- Tu vois le lampadaire là bas ?
- Oui...
- Ben c'est pas là...
Le confinement c'est ça.
Hier, on est allés faire quelques courses.
Oh, pas loin ni beaucoup !
Du sucre qu'on achète très rarement.
Il a fallu que ça tombe pendant cette période...
Vous pouvez être rassurés, on ne trouve plus de sucre non plus.
Je me demande si ceux qui sont restés à Paris n'ont pas choisi de se suicider en mangeant des gâteaux maison.
Mon rocker de voisin a vu les concerts de son groupe annulés.
Les prochains sont prévus en Juillet.
Sortez les scrabbles, ça peut durer un moment ce truc...
Notre rocker nous a proposé son aide.
Savoir qu'on n'est pas uniquement entre vieux seniors dans cet immeuble a quelque chose de rassurant.
Même son chat est confiné, Minouche ne traîne même plus dans les escaliers.
Elle n'a peut-être pas envie d'avoir à se mettre du gel hydroalcoolique sur les coussinets...
Appartement silencieux, radio éteinte, marre d'entendre parler du coronamachin.
09:42 | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : coronavirus, confinement, photos des filles
20/03/2020
Jour 5, essayer de contrôler mon hypocondrie.
Le panier Monoprix, c'est bien mais on n'achète pas ce genre de choses d'habitude.
Hier soir, on a mangé du jambon et des pâtes fraîches, c'était bon.
Enfin sur le moment...
Cette nuit, en dehors des crampes qui me font me lever et marcher toutes les nuits, ce qui me permet de constater que le Parisien dort après avoir enfreint les règles, j'ai eu l'impression d'élever une portée de chats dans l'estomac.
Déjà, en période normale, je n'aurais jamais osé déranger un médecin pour ça.
Mais j'aurais pu jouer avec l'idée...
Inutile de vous dire qu'en période de crise, je me vois dans le meilleur des cas, sur le point de mourir.
Cette nuit j'ai laissé travailler mon imagination qui m'a emportée dans un monde meilleur.
J'ai fini par m'endormir...
Hier nous ne sommes pas sortis.
Même pas pour aller chercher du pain.
A la place, j'ai descendu et monté les escaliers plusieurs fois.
C'était ma gymnastique, mon "activité physique" comme dit le Président.
Nos libertés individuelles se sont encore restreintes à cause d'imbéciles qui croient à un "complot mondial".
Même dans ma rue déserte, j'ai vu un troupeau d'andouilles faire semblant de courir.
Les carreaux sont propres, le confinement a du bon.
Les copines téléphonent pour proposer de nous mettre des produits de première nécessité derrière notre porte.
Le téléphone est une merveilleuse invention.
10:01 | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : confinement, expérience culinaire
19/03/2020
Jour 4
J'ai décidé de tenir un journal du confinement.
Je dois dire que c'est moins simple que ça n'en à l'air...
Nous avons suivi le conseil d'une commentatrice et commandé un "panier +" chez Monoprix.
Panier livré le jour même par un malheureux, parlant mal français, ne respectant pas les consignes de distance, équipé d′une paire de gants chirurgicaux en triste état.
J'étais vraiment désolée pour lui qui livre toute la journée.
Le panier est très bien.
Pommes, pâtes, papier toilette, pas de quoi soutenir un siège mais la possibilité de se nourrir pendant quelques jours.
On a l'impression de vivre dans une ville fantôme.
Hier soir à vingt heures, nous avons concouru aux applaudissements qui encouragent et remercient le corps médical.
C'est là que nous avons vu que nous n'étions pas seuls même si nous n'en sommes pas encore à converser d'une fenêtre à l'autre.
La vie sociale manque, le téléphone, c'est bien mais ça ne remplace pas le contact physique.
Alors que l'Ours peste après ses filles, j'aimerais bien embrasser tout le monde.
Nous n'oublions jamais que nous sommes deux mais que la vie n'est pas plus simple pour les autres.
Notre arrondissement est un grand arrondissement.
Lorsque nous allons nous dégourdir les jambes du côté du Sacré Coeur, les rares piétons de Paris respectent les distances.
En revanche, en descendant vers l'avenue, c'est le foutoir.
Ça s'embrasse, ça crie, ça essaie de vendre sa salade ou son "herbe" comme si rien n'avait changé.
09:56 | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : confinement, paris, silence
18/03/2020
Journal d'un confinement, jour 3
Plus d'imprimante.
Pas moyen de la changer.
Il nous faut faire nos petites attestations à la main.
Le silence qui règne sur Paris est impressionnant.
Je croyais habiter une rue calme.
Le confinement me donne l'impression d'habiter une ville de province sans voitures.
Sortie avec le Goût pour aller à la pharmacie chercher deux boîtes de médicaments non disponibles la dernière fois.
Décidé d'aller chez Picard pour trouver des légumes.
Picard fermé faute de marchandises.
Il ne connait pas sa date de réouverture.
Se rendre chez les marchands de légumes du coin.
Ne rien trouver, sauf des fraises.
Pas acheté, ce n'est pas la saison.
Voir un traiteur, très chic et très cher, ouvert.
Son voisin le fromager, tout aussi chic et cher, fermé.
Avoir l'impression d'être dans un film de SF, une ville fantôme.
Je n'aurais jamais pensé que l'appel des pions incitant les élèves à se dépêcher me manquerait.
Nous ne voyons pas notre fils.
Nous nous téléphonons.
Il est comme nous.
Pas le droit de se déplacer.
Ce n'est pas lui qui fait nos courses.
Veille sur nous de loin...
Hier soir, nous avons testé CANAL PLUS gratuit.
Un film bizarre.
Mais pas plus que notre vie actuelle...
09:29 | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : nourriture, virus, paris, confinement






