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23/11/2017

Je suis féministe mais...

Je suis féministe mais...
Mais je ne crois pas que la "lutte" des femmes pour l'égalité -je n'aime pas non plus le mot "lutte"- passe par des "e" ajoutés, auteur(e) me fait bondir.

Les révolutions ont toujours été faites par des bourgeois, en l'occurrence des bourgeoises.
Lorsqu'on vit avec un RSA, on se moque des mots.
On souhaite que les Restos du Cœur ouvrent toute l'année.
On souhaite que le fumier, celui qui nous a laissé avec les mômes et a organisé son insolvabilité, se fasse écraser par un camion.

Je suis féministe parce que j'ai élevée par une femme qui m'a appris que je ne devais pas attendre mon salut d'un homme.
Que je devais travailler pour être in-dé-pen-dan-te !

Je crois toujours que si une femme a le malheur de vivre avec un homme violent, un qui cogne, un qui surveille, elle doit avoir une possibilité réelle de le quitter .
Si une femme vit avec quelqu'un comme ça, elle pense à sa survie et à ses gamins.
C'est pas un "e" qui va changer sa vie mais un travail rémunérateur.
Ce ne sont pas des assistantes sociales qui se contentent des apparences et des : "Chuis maladroite, je me cogne souvent".

Sa liberté, on la gagne avec le nerf de la guerre : L'argent.
Et pour gagner de l'argent, il faut travailler et être correctement rémunérée.
Alors pour le coup je suis plus pour l'égalité des salaires que pour ajouter un "e" à auteur.
Ça c'est un combat qui a de la gueule.
Plus que l'écriture inclusive et qui va être plus difficile à mener.

Alors, vous mes sœurs, menez les vrais combats !
Exigez la parité des salaires et des positions !
Apprenez la liberté à vos filles !
Et ne les montez par contre les hommes, on gagne à être allié pas ennemi.

femmes, hommes, balagan, justice, rêve

 

14/02/2017

בלגן

souvenirs,balagan,tel-aviv

Vous pensez bien que le nom de notre bestiole bien aimée n'a pas été choisi par hasard.

Enfant, je n'avais pas l'âme pieuse.
Je dois avouer qu'adulte, je ne l'ai toujours pas.
Je suis donc arrivée en Israël en connaissant quelques injures, un "shalom" même plus utilisé dans les boutiques car on dit "hi", comme en Californie...

Ce n'est pas simple de se retrouver analphabète.
Sauriez vous lire le titre de ma note ?
C'est "balagan", tel qu'on l'écrit en hébreu.
Eh bien, moi non plus je n'aurais pas su le lire.

Le premier mot que j'ai réussi à isoler, à comprendre, c'est "balagan".
Il faut dire qu'il sert à tout.
Le bus ne s'est pas arrêté ? On entend "ze balagan !", c'est le foutoir.
Une alerte attentat ? "ze balagan !"
Avec "sheket !" - Silence !- , ce sont les mots qu'on entend le plus souvent.
Il y a aussi "savlanout !", "patience !" qu'on entend souvent dans ce pays impatient.

Balagan, c'est le foutoir et le mieux c'est que ce n'est même pas de l'hébreu, c'est du russe.
Tout le monde l'a oublié, les Israéliens l'ont adopté, moi aussi.

Lorsque Balagan est arrivée dans notre vie, ce nom s'est imposé de lui-même.
Elle était maladroite, voleuse et israélienne.
Elle l'est restée.

Si je suis restée dans ce petit pays quatre ans, c'est grâce à elle.
Ce petit pays où le commerçant français te vend un échantillon gratuit en oubliant que tu es française.
Puis le même commerçant qui accuse sa vendeuse "imaginaire" lorsque tu viens lui secouer les puces.

Ce petit pays où tu ne connais pas la solitude.
Ce petit pays où on t'offre dix chaises si tu as un malaise.
Ce petit pays où tu peux mourir de la sollicitude de ceux qui veulent t'aider et qui te font manquer d'air...

 

19/05/2015

? מה זה בלגן

Qu'est-ce que c'est que ce bordel bazar ? 
Et ça se lit de droite à gauche...

Vous me demandez ce que veut dire balagan ?
Balagan, c'est le bazar, le bordel, le foutoir.
C'est un des premiers mots que j'ai entendus le jour où j'ai atterri à Tel-Aviv.

C'était un quatre avril, le Goût était déjà installé.
Il m'attendait.
Il m'avait prévenu : "Premier arrivé, premier servi".
L'Israélien ne fait pas la queue, il gruge, et il fait boule devant les comptoirs.
C'est la loi du plus fort , du plus mal élevé.
Je suis devenue très forte à ce petit jeu, j'arrivais toujours à monter dans le premier bus et à passer l'immigration la première.

Tel-Aviv, c'est de l'histoire ancienne mais il me reste des expressions dont le fameux "ma ze balagan", passé dans le langage courant de la famille.
Il me reste d'autres mots que je ne vais pas vous traduire ici.
Il me reste des sensations, la chaleur qui s'abat sur moi à peine descendue de l'avion, le bruit, l'arnaque des chauffeurs de taxi, la mer au bout de la rue.
Les premiers jours, l'histoire d'amour-haine qui me lie à ce pays.
Au début boire son café en terrasse au bord de la mer est un vrai kif...

Les restaurants qui n'ont rien à envier aux restaurants parisiens.
C'est délicieux, ce n'est pas casher.
Enfin à Tel-Aviv.

Et puis arrive l'ennui.
Le soleil chaque jour, le Goût qui part travailler, moi qui apprends l'hébreu avec difficulté, ma vie d'avant me manque, mon Ours me manque, c'est le balagan dans ma tête.

Balagan, Israël, souvenirs