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19/08/2019

En sortant de l'école.

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Suis-je une enfant sage ?
Oui sans doute...
Comme je peux être une adulte sage lorsque je suis plongée dans un bouquin comme en ce moment.
Je lis "La fille de la supérette" de Saryaka Murata, une Japonaise.
C'est elle la fille de la supérette, celle qui n'est pas adaptée à la culture de son pays.

Étais-je une enfant adaptée ?
Je ne sais pas mais je me souviens de ce jour de printemps, j'avais alors six ans et j'arrivais avec une copine de ma rue devant mon école.

Le temps était printanier, la circulation nulle, les oiseaux chantaient et le square des Batignolles n'était pas trop loin...
Alors nous ne sommes pas rentrées dans l'école, nous avons continué notre route.

Au début c'était bien.
Nous avions la colline aux billes pour nous toutes seules mais pas de billes et ça manquait d'enfants.
Des femmes poussant un landau nous regardaient bizarrement.

Alors, nous sommes reparties...
Nous avons marché dans la rue et je commençais à avoir une drôle de sensation au creux de l'estomac.
Finalement, j'avais envie de retrouver l'école.
Nous sommes arrivées à la récréation et notre arrivée a été saluée comme il se doit par un passage chez la directrice, à lui raconter une histoire invraisemblable inventée sous le coup de l'émotion par une Heure-Bleue qui ne manquait pas d'imagination.

Tout ça suivi par un retour triomphal chez nos parents, tenues par une aile par l'assistante sociale...

La suite, vous pouvez l'imaginer...
Je ne connaissais pas encore "l'école buissonnière" mais encore aujourd'hui, je pense à elle avec tendresse.

12/08/2019

Le doigt de Doisneau

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Ah ! Les garçons dans les vestiaires...
Deux sœurs, une tribu de filles et, dans ma rue, pas de garçon.
Enfin un seul.
Un seul garçon et, lorsque j'entends son nom sur les ondes car il est journaliste sportif, je pense à lui.
Je suis sûre qu'il s'agit d'un homonyme mais quand même, je pense à lui.

Ce pauvre garçon avait peur de son ombre et vivait un calvaire au milieu de toutes ces filles.
Il faut avouer que nous n'étions pas tendres avec lui.
Nous l'avons enfermé dans une cave sans lumière malgré ses supplications.
Nous l'avons obligé à sauter d'un muret que toutes les filles sautaient sans problème.

Je ne l'ai jamais vu en classe mais si les filles le faisaient tourner chèvre, j'imagine ses tourments au milieu d'une bande de garçons.
Il était bien le genre à se laisser arracher la dent par un copain et à se faire piquer les sous de la petite souris.

J'espère pour lui qu'il a croisé un Doisneau, un Ronis, un Boubat, il aura peut être alors connu une période de paix pendant que sa photo faisait la une...

C'est malin ! Le Goût vient de me faire retomber en enfance.

15/12/2018

Le cahier de géographie.

géographie,rosette,école

Je ne me rappelle pas en quelle année c'était ni en quelle classe j'étais.
Je me souviens seulement de l'avertissement du prof de géographie :

"Demain, je ramasse les cahiers de géographie ! ".

Je me suis sentie mal.
Je n'avais pas pris une note depuis le début de l'année.
Je n'avais pas dessiné une seule carte.
Mon cahier était vierge ! J'avais un cahier neuf !

J'ai regardé le cahier de ma voisine avec envie.
Je n'ai jamais oublié son prénom.
Elle s'appelait Rosette et son cahier était un vrai bijou.
Les cartes étaient plus belles que sur le livre.
C'était une "laborieuse appliquée".
Hélas, j'étais une paresseuse révoltée...
J'ai regardé Rosette.
J'ai dit à Rosette "Je veux le même cahier que toi ! Pour demain ! "
Le jour dit j'avais un cahier superbe.
Bon, je n'étais pas trop futée et j'ai trouvé très bien que mon cahier soit le jumeau de celui de Rosette.
Le prof a rendu les cahiers.
J'ai eu zéro.
Rosette a eu zéro.
Si j'ai trouvé mon zéro mérité j'ai trouvé celui de Rosette injuste.
Alors je suis allée trouver la prof et j'ai expliqué que c'était moi la coupable et que Rosette n'avait fait que m'obéir.
" Je mérite mon zéro pas Rosette ! "

La prof m'a expliqué que nous méritions toutes les deux ce zéro, moi pour avoir exercé un chantage et elle pour s'être laissé faire.

J'ai oublié le nom de la prof, pas celui de Rosette.
J'ai encore honte aujourd'hui d'avoir menacé quelqu'un pour qu'elle fasse à ma place un travail que j'aurais dû faire moi-même.
C'est jour là que nous avons eu notre première leçon de lutte contre le fascisme.
Moi pour avoir eu ce comportement de bourreau.
Rosette pour avoir accepté d'être une victime.

03/09/2016

Elles ont fait leur rentrée.

Merveille a fait sa rentrée, sans problème, changement de classe, un maître cette fois mais les mêmes copines.

P'tite sœur, qui voulait absolument aller à l'école, n'était plus vraiment convaincue à mesure que la date approchait.

Elle est partie avec sa sœur.
Jusque là tout va bien.
Partie avec ses parents et sa grande sœur, premier choc : Merveille a été lâchée devant son école.
P'tite Sœur est reste coite.
Comment ? Elle n'allait pas dans la même école que sa sœur ?
Elle préférait donc rentrer chez elle...

Elle aussi a un maître.
Je vous assure qu'à la sortie, elle ne faisait pas la fière.
Elle ne s'est pas sauvée mais elle a quand  même expliqué au maître qu'elle avait besoin de son doudou.
Elle a précisé que son doudou s'appelait "Célestine".

Hier, lorsque son père est allé la réveiller, elle a dit "non merci", a ajouté qu'elle ne voulait pas retourner à l'école, que ce n'était pas la peine, qu'elle connaissait...

Pauvre P'tite Sœur !
Elle aura le temps de s'habituer...

Ecole, Merveille, P'tite soeur

26/06/2016

La tour de Babel.

Hier, c'était la fête de l'Ecole de Merveille.
JJF est venue avec sa béquille, son courage, son mari et ses filles.

Au fil du temps, son visage a été plus marqué par la douleur mais les filles n'ont rien vu.
Merveille est montée sur le podium comme chaque année.
Elle a fini troisième.
La compétition était serrée, deux petits points sur deux cents et quelques et elle se retrouvait première.

Merveille a fait bonne figure mais elle était vexée.
Elle était troisième et seule la première avait droit à un livre...

C'était une fête modeste, les mères avaient fait des gâteaux.
Les instituteurs tenaient les stands de jeux.
L'argent récolté ira à l'école pour les sorties des enfants l'année prochaine.

Il manquait des parents, ramadan oblige, alors des enfants ont reçu leur prix sans leur présence.

Une fête bon enfant, Petite Sœur a dansé.
Il a fallu la récupérer de force sur la scène.

Nous sommes revenus doucement et je me suis demandée si parmi les parents absents certains avaient klaxonné le jour du dernier attentat.
J'ai préféré penser que non...

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