15/06/2018
Pour l'instant, je suis vivante et je vis à Paris.
Lorsque vous perdez quelqu'un que vous aimez, la vie vous pousse alors vous vous sentez encore plus vivant.
Le passage Vivienne en travaux avec son lierre en plastique.
Les glaces enfin surtout la crème chantilly du Bistrot Vivienne.
Les épices de notre döner préféré dans le 10ème arrondissement de Paris.
Un passage rue Saint Anne pour acheter des graines de Sésame.
Un petit tour à "La librairie de Paris", une librairie bien élitiste et acheter deux petits romans policiers avec des couvertures colorées, pas trop le genre de la maison...
Se demander si le Goût ne va pas refaire son clafoutis.
Demander au Goût de refaire son clafoutis.
Et même d'en faire deux car nous devrons partager un des deux avec deux amis.
Des plaisirs minuscules qui remplissent nos journées.
JJF enfin sortie de l'hôpital, ne sachant toujours pas de quoi elle souffre mais heureuse de retrouver ses filles.
L'espoir d'un barbecue dans le jardin de l'Ours en espérant un jour sans pluie.
Pas de raton laveur.

10:11 | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags : galerie vivienne, librairie de paris, rue de lévis
13/06/2018
La journée des souvenirs.
Le Goût ne manque pas de famille, surtout du côté de son père.
Tous sont des enfants de "pied-noir" et presque tous au soleil.
Ils se voient aux enterrements car les petits-enfants sont encore trop jeunes pour assister à des mariages ou fêter des naissances.
Alors hier, nous étions réunis pour pleurer,
Qui la petite sœur, qui la cousine, qui la mère, qui la conjointe.
Mais tous pour pleurer l'artiste, la lumineuse S.
Hier, son compagnon, le père de sa fille, a réussi l'exploit de nous empêcher de pleurer, d'oublier ce corps torturé.
Le curé savait bien qu'il se trouvait devant une bande de mécréants.
Le Requiem de Fauré a failli avoir ma carapace...
Nous nous sommes retrouvés à "l'Industrie", là où S. nous voyait les derniers temps car c'était à côté de chez elle.
Ça ne nous a pas fait pleurer.
Ou un petit peu...
Elle était là, avec nous, un livre de philo à la main, discutant avec les mains d'esthétique, elle dont les mains souffrantes continuaient à créer.
Nous nous sommes retrouvés au Père Lachaise, toujours en musique, les larmes un peu plus présentes.
Elle aimait le Père Lachaise.
Elle ne pensait certainement pas se retrouver dans une urne.
On lui dira un dernier adieu dans six mois, le temps nécessaire pour trouver de la place.
On va peut être réaliser, à ce moment là, qu'on ne la verra plus parler avec les mains.
09:28 | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : enterrement cousine, le goût, chagrin
11/06/2018
Lettre à Elise
Mademoiselle,
Je vous écris malgré l'interdiction de Madame votre mère qui nous a confié votre enfant lors de votre séjour en Suisse.
Cet enfant nous a été confié afin d'être adopté par une bonne famille chrétienne.
N'ayez point de crainte, l'enfant du péché recevra une bonne éducation.
Comme vous le savez, c'est une fille, bien plus difficile à placer car les filles n'apportent que le déshonneur à leur famille.
En attendant l'enfant a été placé chez une nourrice.
Elle est bien traitée, je m'informe toujours du sort réservé aux victimes de la dépravation de leur mère.
Elle est chétive et a besoin de fortifiant.
J'ai cru comprendre à vous voir pleurer que vous teniez à cet enfant aussi je vous propose de m'adresser une rente mensuelle et je vous donnerai alors des nouvelles de cette petite âme égarée.
J'attends votre premier versement, ne tardez pas, cette enfant à besoin de soins.
Bien à vous.
J. Putet
09:22 | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : lakevio jeu, lettre



