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28.02.2006

Encore heureux qu'on va vers l'été



Longtemps, j'ai cru que j'aimais l'hiver, longtemps j'ai cru aimer me promener, même sous une petite pluie froide et me réfugier dans un café surchauffé, et bien ce n'est plus vrai, j'en ai assez de cet hiver qui s'éternise qui me coupe mes envies de musées, de cinéma et de la recherche du petit truc qui sert à rien mais que sur le moment je trouve indispensable.

Hier, je suis sortie, comme chaque jour, pour aller faire mes courses, même pas au Monoprix, au moins lorsque je vais au Monoprix, je me ramène du chocolat, que j'oublie dans le placard, et lorsqu'il me revient l'envie d'en croquer un carré, il a disparu, englouti par l'homme.

Et aujourd'hui me direz vous, aujourd'hui, je ne vais pas téléphoner à la chercheuse d'appartement pour lui proposer un cinéma, nous n'aurons pas envie de voir le même film, j'ai envie de légéreté, de sourire, je n'irai pas jusqu'au Bronzés 3, du côté légéreté, je crois que je risque d'être déçue.

Alors, je passerai sans doute un moment à lire vos blogs, derrière certains blogs, je mets un visage, un sourire voire une crise de rire, parfois, j'ai des doutes, c'est elle, cette grande fille toute simple mais torturée, chomeuse et angoissée qui vit une vie de rêve via son portable.

Je penserai à cette journée parisienne avec une blogueuse que j'aime, coincée dans un sas de sécurité, ses bottes faisaient bip bip, j'ai cru que la sécurité allait lui faire visiter le musée en collants.

je penserai à ma blogueuse exilée et à nos journées café dans cet hôtel parisien.

Aujourd'hui, je ferai bien du feu dans ma toute petite cheminée mais elle est remplie de CD.

Aujourd'hui, je rêve de printemps et de jupes légères.

26.02.2006

Dimanche studieux



Pour des raisons assez semblables à celles du Goût des Autres, je n'irai pas à la manifestation cet après midi, la récupération de la mort d'un jeune homme par de grands démocrates, Le Pen et de Villiers me donne la nausée et je n'aime pas me compromettre avec n'importe qui.

Déja que je supporte pas d'entendre nos média dire : "le jeune arrêté dans l'affaire... est un jeune français d'origine maghrébine", je souhaite un jour entendre : "Le jeune arrêté dans l'affaire...est un jeune français d'origine alsacienne". Que les alsaciens ne montent pas au créneau, j'ai choisi l'Alsace au hasard, j'ai bu du Muscat alsacien hier midi.

De surcroit, la pratique de l'amitié, les visites dans les musées, le cinéma, la lecture des blogs me prennent du temps, trop de temps, j'ai une pile de livres au pied de mon lit qui demande une meilleure répartition, une pile de repassage, et d'autres corvées à accomplir.

Je ne veux pas jouer les Cassandre mais le mélange des gros bras du FN et la colère des jeunes du Betar risque de provoquer des incidents, voire plus,

24.02.2006

Ilan

Hier soir, je n'étais pas à la Victoire, la récupération de la mort de ce jeune homme ne me plait pas.

Ilan a été tué par une bande de voyous, des barbares même pas antisémites, sinon par bêtise "Les juifs sont riches.."

Non, les juifs ne sont pas spécialement riches, j'en connais même de fort pauvres, j'ai accompagné un ami au Centre d'actions sociales israélites de Paris, il allait se retrouver sans appartement, sans famille pour lui servir de caution, le CASIP n'arrive plus à faire face aux demandes des juifs démunis, et se trouve sans ressources, comme les Restos du coeur, pour arriver à nourrir ceux qui ont le droit de se nourrir casher.

Hier soir, j'ai posé une bougie sur l'appui de ma fenêtre, comme on me l'avait demandé, ma bougie tremblait sous le vent mais vaillante, elle ne s'est pas éteinte, je me suis trouvée bien seule avec ma bougie, c'était la seule. A l'autre bout de Paris, dans le 17ème arrondissement, une amie a allumé une petite bougie, vaillante aussi, elle ne s'est pas éteinte, et sa petite bougie est restée bien solitaire aussi.

Vous vous souvenez de l'attentat contre la Synagogue de la Rue Copernic, Raymond Barre, marié pourtant avec une juive, a fait un discours émouvant, il aurait pu éviter ça : "Cet acte de barbarie aurait pu tuer des français innocents", voulait-il dire qu'un juif français n'est pas un français comme les autres ? qu'un français juif est d'abord un français de confession mosaïque ?.

Dois-je vous rappeler que Jésus était juif ? que les premiers chrétiens sont des juifs convertis et que pour se convertir au christianisme, il était OBLIGATOIRE d'être juif.

Et si un jour vous avez la chance, vous qui croyez en Dieu, de voir la maison de Saint Pierre, vous verrez une synagogue à ciel ouvert...

23.02.2006

L'objet de mon affection



Avec un programme comme celui d'hier, je pense avoir été plus paresseuse encore que prévu, difficile de raconter des anecdoctes palpitantes.

Hier soir, j'avais un invité, même pas surprise, j'ai préparé le repas au dernier moment (enfin c'est surtout l'homme mais j'ai supervisé), c'était bon, donc un peu léger. Depuis que nous ne sommes plus que deux, le sens des proportions m'échappe.

Balagan, l'objet de mon affection, chatte voyageuse, a aimé vivre en Israël et pour cause, elle est née là-bas, je m'en excuse auprès de mes lecteurs belges, elle a détesté Bruxelles (sauf la salle de bains, elle passait des heures dans un placard) et disparaisait au moindre coup de sonnette.

La bestiole déracinée est arrivée sur Paris, la ville lumière lui a plu, elle a choisi la liberté deux fois, pour aller visiter les jardins avoisinants, elle faisait la fête à toutes les personnes qu'elle avait connues en Israël, un certain nombre, j'ai parfois l'impression d'avoir fait "guide touristique" pendant 4 ans.

Elle restait pourtant méfiante devant les têtes inconnues, crainte du vétérinaire, ça sentait pas bon comme là-bas, Balagan pouvait passer pour une chatte bien élevée pour les visiteurs, hier soir, je recevais le mari d'une amie, interphone, Balagan part tranquillement et revient aussitôt voir la tête de l'inconnu, elle accepte même une caresse.

Le mythe de la chatte bien élevée a disparu pendant le repas, elle a squatté les genoux de l'invité (qui avec une grande amabilité remettait la chose à sa place, sur le sol). Je ne sais toujours pas, si elle est tombait sous le charme de mon visiteur, ou si le fumet de mon filet mignon lui alléchait les babines.

Balagan, rappelle toi, tu es une petite chatte juive, le filet mignon, ce n'est pas casher !

22.02.2006

Parce que je le vaux bien



Aujourd'hui, je ne vais pas prendre le métro, je ne vais pas repasser, je ne vais pas téléphoner à mon fils.


Je m'offrirai des fleurs jaunes ou rouges, peut être un livre, malgré la pile au pied de mon lit.

Madame de Grignan meurt lentement, Madame de Sévigné ne le voit pas, la distance Madame de Grignan vit à Aix, Madame de Sévigné dans le Marais et ses espions ne lui disent pas tout.

Balagan tourne en rond, elle finira par s'installer et passera sa journée comme un chat d'appartement, les pattes en rond, l'oeil attiré par son assiette, chaque fois que je passerai dans la cuisine.

J'écouterai la radio, pour une fois je verrai le temps passer et qui sait, j'aurai même le temps de m'ennuyer.

Et rien ne me fera changer de programme.

21.02.2006

Amitié, chauffe eau et manque de sommeil



Hier, le téléphone a sonné souvent, le fils de la maison avait réalisé que même les parents sont des humains comme les autres, ils ont des sentiments et même des rancoeurs.

Hier, le téléphone a sonné beaucoup, alors que le temps, le même ce matin, me donnait juste envie de regarder un DVD en repassant vaguement.

La dernière fois qu'il a sonné, c'était une amie affolée qui avait des problèmes avec son chauffe-eau, il fuit, elle vit seule, elle angoisse, etc. Nous avons enfilé les imperméables et nous sommes partis chez l'amie, l'homme a bidouillé le chauffe eau, nous avons dîné ensemble, tout semblait être revenu à la norme, le chauffe eau chauffait l'eau, il ne fuyait plus, ou si peu. Donc nous sommes revenus, nous avons traversé tout Paris, j'ai allumé mon PC, j'ai lu un mail que j'attendais, j'ai un peu traîné, et je suis partie me coucher.

J'étais en train de lire, Madame de Grignan va mal, ses poumons, j'étais toute à ma lecture, Balagan contre moi ronronnant de contentement, l'homme était en train de s'endormir, je crois que nous étions déjà aujourd'hui, le téléphone a sonné, je n'ai pas eu peur, je savais que c'était l'amie.

- Tu dormais ? le chauffe-eau fait de drôles de bruits, tu crois que c'est normal ?

Je ne connais rien aux bruits de chauffe-eau, j'étais plongée dans les malheurs de Madame de Grignan (les poumons vous dis-je), j'ai passé le téléphone à l'homme, il a rassuré l'amie, j'ai laissé Madame de Grignan, je me suis endormie.

Ce matin, j'étais dans mon lit, Balagan n'avait pas bougé, j'avais laissé Madame de Grignan, je regardais les pages mode de Elle, cette année, nous aurons des sacs à main et des chaussures blanches (pas moi, je déteste le blanc en accessoires) et le téléphone a sonné, toujours ce chauffe-eau.

Que vais-je devenir entre mon fils et le chauffe-eau des amies angoissées ?

20.02.2006

Déception amoureuse ?



Hier nous sommes partis, sous la pluie, déjeuner chez une amie, repas copieux, trop copieux, digestion difficile et attente, l'enfant unique devait passer avec sa Dulcinée et comme il avait appelé son père à son secours, le père en question était prêt à sacrifier son lundi, après avoir sacrifié son jeudi à sauver le compte en banque de son fils.

L'enfant roi arrive, c'est une formule, théoriquement ce n'est plus un enfant mais parfois son comportement peut fait croire à un stagnation pubertaire, il rêve sa vie plutôt que de la vivre et le réveil est parfois brutal.

Mais hier, en fait d'après midi, compte sauvé, promesse de recevoir du travail aujourd'hui (ça reste à confirmer), il est arrivé, revigoré et la langue pointue, alors que j'essayais péniblement de digérer le quatre-quart, je fus la cible d'E..., je suis souvent sa cible, c'est normal, je suis sa mère.

Je n'ai rien dit, je suis partie sous la pluie battante jusqu'à la pharmacie de garde, espèrant sauver mon estomac et j'ai regagné mes pénates, l'homme et moi avons fait l'impasse sur le dîner.

Ce matin, je n'ai toujours pas digéré, ni le repas, ni l'attitude de mon enfant chéri, il me suffit d'attendre, le quatre-quart passera et l'appel au secours arrivera, comme le printemps succède à l'hiver.

Et ce jour là, il comprendra que sa mère est devenue adulte, elle sait dire non.

18.02.2006

Pourquoi ?



Pourquoi, le Bon Marché est-il le magasin le plus cher de Paris.?

Pourquoi les oiseaux migrateurs n'ont pas évité la France comme le nuage de Tchernobyl ?

Pourquoi ne parle-t-on plus de la maladie de la vache folle, elle devait faire des millions de morts, on me dit dans l'oreillette que la grippe aviaire, c'est plus vendeur.

Pourquoi les hommes politiques prennent ils toujours leurs électeurs pour des c...?.

Pourquoi les enfants gâtés font des adultes angoissés ?

Pourquoi votre chat bien-aimé, vous réveille lors d'un rêve délicieux et jamais pendant un cauchemar ?

Pourquoi dit-on manger de la vache enragée et pas du poulet qui à la grippe ?

Pourquoi n'ai-je plus de mère pour me dire : "Arrête de poser des questions et va ranger ta chambre"

17.02.2006

Je vous écris du plus lointain de mes rêves



Après un passage à vide, les livres me tombaient des mains, je suis en train de lire les lettres apocryphes de Madame de Grignan (fille de Madame de Sévigné), lettres qui furent détruites pour je ne sais quelles raisons.

Madame de Grignan, exilée à Aix, par son mariage, écrit à sa mère, pour se plaindre -déja me direz-vous ?- et pour lui demander de l'argent -déjà me direz-vous ?- Madame de Grignan était elle d'une incroyable modernité où déjà les fils d'Eve lui demandaient des prêts ?

La chair de ma chair; qui n'hésite jamais à se mettre dans la panade, qui, lorsqu'il est salarié n'inspire qu'à redevenir intermittent et qui, intermittent n'inspire qu'à redevenir salarié, sans jamais avoir lu les lettres de Madame de Grignan; pratique assez volontiers le prêt à perte de vue auprès de ses parents.

Lorsqu'il sent que sa mère, votre servante, est réticente, il passe par son père, inflexible dixit le père.

Qui vient de téléphoner ce matin, à son père ? Le Cher Ange ! Qui a dit oui ? Le père inflexible...

Je me dis parfois que j'aurais dû être mère d'une famille nombreuse.
Quoique....

16.02.2006

heure-bleue fait son cinéma



Hier, il pleuvait fort sur la grand route, je sais, j'ai déjà écrit la même chose et il pleuvra aujourd'hui, c'est tant mieux, j'aime la pluie qui tombe sur les carreaux et frappe ses gouttes d'eau.

Non, je ne vais pas faire une note sur la pluie, je vais vous parler de Fauteuil d'Orchestre le film de Danielle Thompon avec Cécile de France, la jolie belge pleine de fraicheur, une Dani remarquable et dévastée, un Claude Brasseur vieillissant et Suzanne Flon, la grand mère que nous aurions tous voulu avoir.

Amis blogueur si tu caches derrière une façade de macho un coeur de midinette, ce film est pour toi; amie blogueuse, tu as forcèment une âme de midinette donc ce film est pour toi.

Pendant deux heures, j'ai oublié la vraie vie, qui n'est pas toujours facile, j'ai été Dani, la concierge qui prend sa retraite et qui écoute Bécaud et Aznavour dans un temple dédié au classique.

J'ai ressenti l'excitation d'un acheteur à Drouot devant un Modigliani.

J'ai entendu, pour la dernière fois, la voix de Suzanne Flon :"J'ai toujours aimé le luxe mais comme je n'avais pas les moyens, j'ai commencé Dame Pipi au Ritz..."

J'ai été ce pianiste qui en a marre d'être déguisé en pingouin et d'avoir un agenda surbooké pour les 6 années à venir et qui plaque tout dans un dernier accord.

Pour ceux qui me connaissent, j'avais un blog "La rose pourpre du Caire", il est fermé, je finissais toujours par une question.

Si vous aviez voulu être comèdien qu'auriez vous accepté comme compromission pour réussir ?

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