16/09/2006
Amitié et respiration
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Hier soir nous étions invités, l'homme et moi, chez un couple d'amis que nous aimons beaucoup. Seul bémol, ils ont 5 chats et je suis allergique aux chats (c'est pas juste, j'adore ces boules de poils mais ils ne me le rendent pas), 5 chats dans un appartement même sur trois niveaux, c'est ENORME.
J'arrive, soignée préventivement, corticoïdes et dilatateur bronchique, j'avais demandé des fenêtres ouvertes et une installation proche de la fenêtre, si je voulais, je pouvais même dîner sur la terrasse, seule, comme une pestiférée.
Je n'explique plus depuis longtemps que je ne suis pas allergique à la présence des chats mais aux poils qu'ils sèment à droite, à gauche, à leur salive, je suis allergique à mon félin préféré et j'ai toujours vécu avec, comme quoi, la justice est bien une idée d'homme.
Hier, j'avais prévenu qu'éventuellement nous devrions nous réfugier dans un café, j'ai tenu bon, j'ai tellement bien tenu que nous sommes rentrés à 2 h 30 ce matin.
Nous avons discuté des 3 religions monothéistes, mon amie catholique (pas très fervente) est mariée à un juif (pas très fervent), qui voulait être rabbin lorsqu'il était jeune, il a depuis longtemps oublié ses envies et n'est pas un pilier de synagogue, sa fille vit avec un musulman, nous pratiquons, à notre niveau, le rapprochement des idées...
Hier soir, nous avons essayé de souligner les divergences de ces 3 religions, si on s'en tient aux dogmes, ça tient dans un dé à coudre.
Alors, pourquoi au 21ème siècle, se battre pour un détail. Expliquer, apprendre et tolérer me semble un meilleur exemple que les armes.
11:55 | Lien permanent | Commentaires (21)
15/09/2006
Blog en jachère
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Après les 7 portes du petit couloir, nous avons décidé une pause, la pause se prolonge, manque de motivation pour l'instant, un manque de motivation, ça le fait pas pour un CV.
Aujourd'hui, manque d'inspiration, pour ce blog ou manque de motivation, la marche du monde ne va pas s'arrêter pour autant.
Alors silence, on rêve
Le silence est la parure des femmes. Sophocle ne disait pas que des âneries...
10:37 | Lien permanent | Commentaires (16)
14/09/2006
Enfances
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L'enfance laisse des traces indélébiles, on peut frotter, on peut consulter, on ne guérit pas de son enfance. Heureusement pour eux, nous ratons aussi l'enfance de nos enfants, on veut réparer, on crée d'autres blessures et ça continue encore et encore..
J'ai été une petite fille blonde, sage, à l'enfance atypique (on dirait que je parle d'un appartement), ma mère était trop jeune à ma naissance -elle n'avait pas 20 ans- et je me suis retrouvée, plus souvent qu'à mon tour, chez mon arrière-grand'mère, elle est morte depuis longtemps, elle me manque encore.
Je suis partie de chez mes parents, j'avais 18 ans, toujours étudiante, j'en ai bavé, je l'avoue, pas vous ?
Le bibelot, seul garçon, élevé avec 3 soeurs, un père malade, a été pensionnaire chez les Maristes, à genoux sur une règle quand il n'était pas sage et relevé par des taloches s'il avait le malheur de s'asseoir sur ses talons, il en garde une haine du clergé, un français parfait et quelques blessures secrètes.
Madame de., fille d'un producteur -à l'époque les producteurs s'endettaient et perdaient leur argent- a quitté la France à 8 ans pour y revenir à 16.
Seul l'homme avait un père adorable, le père de Madame de. n'était pas tendre, le mien après un périple qui lui avait fait parcourir la Russie, la Turquie et autres contrées pour revenir en France n'était pas une figure paternelle rassurante.
Nos enfances ont laissé des traces, Madame de. a peur des affrontements, l'homme a des difficultés à accepter l'autorité et moi je ne me sens à l'aise que dans les tempêtes.
J'ai été gâtée ces dernières années. Je vous demande de l'indulgence pour Madame de., son enfance chaotique lui a laissé un sentiment d'insécurité, elle a besoin de ses éventails pour survivre.
Nous avons tous des cadavres dans nos placards.
10:15 | Lien permanent | Commentaires (22)
13/09/2006
Fauchées mais pas contentes
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Madame de . est officiellement à la retraite depuis la rentrée. Depuis, elle balise, elle est devenue enseignante après son divorce et, si je l'écoute elle va bientôt se retrouver à la soupe populaire. Maintenant, ô rage ô desespoir, elle doit payer l'entrée dans les musées.
Elle me parle encore des 8,50 € déboursés, avec réticence, pour aller faire un tour au Louvre -je me suis sentie obligée de lui offrir des cartes postales- j'ai payé le Louvre pendant des années, sans moufter, alors qu'il lui suffisait de sortir sa carte de prof.
Maintenant que je suis chômeuse, je demande à l'homme de me sortir une attestation et je ne paye plus les musées. Ces petits avantages ne sont pas négligeables et compensent -à peine- la maigreur de mes indemnités, !
Le bibelot, lui, est en arrêt de travail. Ami blogueur, si tu te retrouves en arrêt de travail, tu dois absolument savoir que notre vénérable institution a du plomb dans l'aile et des oursins dans le porte monnaie. La SS n'est pas un employeur et tu ne dois pas t'attendre à recevoir ton virement à date fixe, elle paye 3 jours puis rien, deux petits virements coup sur coup puis plus rien et tu reçois le solde de tes indemnités le mois suivant.
Madame de. et votre servante ne mourons pas encore de faim mais nous sommes dans une période d'économies drastiques. Hier, c'est notre péché mignon, nous sommes entrées dans une de nos boutiques favorites persuadées que nous n'aurions envie de rien.
Grave erreur ! La collection d'automne était là.
Nous avons vaincu, nous sommes sorties les mains vides, Madame de., pour éviter le sevrage trop brutal, commence une collection d'éventails à prix réduits, en ce qui me concerne, habituée à des hauts et des bas depuis mon retour, je la contemple avec indulgence.
10:00 | Lien permanent | Commentaires (21)
12/09/2006
Pour la première fois
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Alphonse Allais écrivait qu'il fallait mettre les villes à la campagne, jusqu'à cet été, j'ai toujours préféré la ville, ma ville, Paris, ses musées, ses restaurants, son passé, l'amour ça ne s'explique pas, j'aimais Paris.
Comme chaque année, ma rue subissait des travaux, elle était en sens unique, surveillée par la maréchaussée, c'était le bonheur, on entendait même les oiseaux, à la limite, j'aurais presque entendu pousser l'herbe au Jardin Naturel à côté.
Tout a une fin, les trottoirs ont été élargis, des feux rouges installés, les enfants ont retrouvé le chemin de l'école et depuis quelques jours, je n'entends que le bruit des voitures, je ne sens que l'essence, un jour calme est un jour sans klaxon et sans invective, mes yeux pleurent, ma gorge brûle et ma voix se casse.
L'homme et moi discutons, finalement quitter Paris nous tente assez, je n'ai pas beaucoup de famille, je suis fâchée avec ma soeur, les enfants vivent leur vie et un anniversaire a suffi pour me transformer en "horrible belle mère"
Bien sûr, l'homme et moi ne souhaitons pas un choc brutal, nous ne sommes pas tentés par la campagne profonde, il nous faut la ville au bord de la mer.
Nous finissons par penser qu'une retraite à Trouville, toujours animée, située à 200 kms de Paris, une solution satisfaisante, la ville à la campagne, un concept toujours d'actualité.
Maintenant, il faut attendre la retraite, ça nous permettra de réflechir et de changer d'avis, sans doute ?...
09:25 | Lien permanent | Commentaires (24)

