22/01/2021
Paris.
Il nous arrive d'oublier la rue des Abbesses et d'aller rue de Lévis.
La rue de Lévis, c'est ma rue depuis toujours.
Je suis allée en classe avec la plupart des filles des commerçants de cette rue.
Si j'en croise une, je suis sûre de ne pas la reconnaître.
Nous y avons nos habitudes.
Peut être devrais-je écrire "nous y avions" nos habitudes.
Hélas, notre café est fermé, comme les autres, et nous ne pouvons plus nous installer et regarder passer le passant qui passe.
Nous ne pouvons plus gloser sur certaines sexagénaires qui de dos ont une petite quarantaine et de face une figure à faire peur.
Je peux juste aller au Monoprix avec ses deux entrées, me ravitailler en eau d'Avène.
Mais surtout, lorsque je vais là bas, je fais une cure de Jouvence.
Je n'ai plus de famille dans le coin.
Ma dernière famille, une tante du côté de mon père, une authentique mauvaise, a rejoint ses aïeux.
Je ne la voyais pas mais j'aimais en passant voir son nom sur l'interphone.
Le temps avait passé pour elle aussi, ses commerçants avaient disparu.
Elle s'était alors trouvée coincée entre un boucher casher et un traiteur casher.
Alors qu'elle refusait de me parler de "nos origines" !
09:51 | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : paris, couvre feu, pluie
18/01/2021
Les femmes de pouvoir
Je vous propose de dire ce que vous inspire cette toile de Mr Vettriano.
Une histoire qui commencerait par :
« Un bel organe, un imperturbable aplomb, plus de tempérament que d’intelligence et plus d’emphase que de lyrisme, achevaient de rehausser cette admirable nature de charlatan, où il y avait du coiffeur et du toréador. »
Et qui finirait par :
« Elle en retira qu’il n’avait que l’aspect d’un brave, avec l’entrain facile d’un commis voyageur. »
À lundi donc..
Un bel organe, un imperturbable aplomb, plus de tempérament que d'intelligence et plus d'emphase que de lyrisme, achevaient de rehausser cette admirable nature de charlatan où il y avait du coiffeur et du toréador.
- Ce n'est pas de moi mais avouez que Flaubert fait de vous un remarquable portrait !
Alors ne croyez pas échapper au licenciement et si c'est au bar de l'hôtel que je vous ai convoqué, c'est pour me faciliter le travail !
À notre retour à Paris, vous passerez toucher vos indemnités et rendre votre badge.
Vous avez été engagé pour vendre des composants chimiques et en ce moment, vous roulez sur l'or avec le gel hydroalcoolique !
Avouez que c'est ballot d'aller fricoter avec une femme d'une boîte concurrente.
- Mais... Karine...
- Ne cherchez pas à vous justifier ! Vous avez ainsi trahi la confiance de l'entreprise ! Vous n'êtes qu'un un agent commercial à l'intelligence médiocre, vous auriez dû contrôler votre libido !
- Mais... Karine...
- En plus votre vocabulaire est d'une pauvreté lamentable ! Vous pouvez disposer.
Elle en retira qu’il n’avait que l’aspect d’un brave, avec l’entrain facile d’un commis voyageur.
09:51 | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : femmes, pouvoir licenciement



