05/08/2017
Pourquoi, j'ai mangé mon père.
Sophie, qui n'a pas de blog, me demande pourquoi je ne parle jamais de mon père.
Je n'en sais rien.
Il a remplacé ma mère pendant un temps.
Il m'a conduite chez ma grand'mère chaque matin en partant travailler.
Je ne me rappelle même pas sa compagne.
Elle est morte en couches pendant que ma mère vivait sa vie ailleurs.
Je me rappelle qu'il me suffisait de citer un auteur pour qu'il revienne avec plusieurs livres.
Je suis restée sa fille préférée.
Mon père était du genre silencieux.
Je ne peux pas dire que nous ayons eu de grandes conversations.
Il ne parlait pas.
Il n'a même pas raconté sa libération par les Russes...
On sait seulement qu'il a juste décidé de nous tuer si les Russes arrivaient en France.
Lorsqu'il a arrêté de travailler, il est retourné se réfugier dans les livres.
Il est mort alors que je venais d'arriver en Israël.
Il n'avait jamais vu de médecin de sa vie.
Le seul qui est venu à la maison, il l'a traité de nazi.
Mon père était un personnage singulier, un personnage de roman.

09:10 | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : père, souvenirs, déni
02/08/2017
Tout sur ma mère.

Certains d'entre vous se sont étonnés de la désinvolture de ma mère à l'égard de mon sac-à-main.
Ma mère ne se préoccupait pas des affaires des autres.
A peine des siennes...
Elle n'était pas maternelle et pourtant elle ne faisait pas du cinéma.
Quoique...
Elle vivait sa vie.
Une vie compliquée où les enfants étaient priés d'aller à la maternelle.
Et très tôt s'il vous plaît, de manger à la cantine et de rester à l'étude le plus tôt possible et le plus longtemps possible.
Quand je suis née, ma mère avait vingt ans.
Elle avait un mari qu'elle n'avait pas choisi et des envies de danser.
Elle avait envie de vivre une adolescence dont la guerre l'avait privée.
Elle quitta donc mon père lorsque j'avais quatre ans.
Elle me laissa avec lui.
A la consigne... Comme un colis encombrant...
Je n'ai jamais su pourquoi elle était revenue.
Je suppose que l'homme qu'elle avait suivi avait changé d'avis.
Alors, vous comprenez que mes affaires ne faisaient pas partie de ses préoccupations.
Même un "Kelly"...
10:17 | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags : mère, amour maternel, bof
31/07/2017
D'après une histoire vraie.

Aujourd'hui, on a trois anniversaires à fêter alors le temps me manque pour développer cette histoire qui m'agace encore aujourd'hui.
J'aurais pu écrire un livre sur ma mère.
Je n'aurais pas imité Albert Cohen.
Nous n'avions le même genre de mère...
Les démonstrations d'amour ce n'était pas son truc.
Elle, elle aimait jeter, faire le vide.
Elle a jeté tout et n'importe quoi.
Des poupées à tête de porcelaine offertes par une de mes grand'mères aux disques 78 tours de Chaliapine de mon père.
J'en passe, elle a fait pire.
Ma mère aimait les chats.
Surtout les bêtes "mal-aimables", les bêtes au coup de patte facile.
Finalement, elles ressemblaient à ma mère...
Une en particulier qui aimait les crevettes.
Elle vous faisait l'œil doux jusqu'à la dernière et hop vous vous retrouviez avec sa signature sur la main.
Mais revenons au plus important
Ce sac, ce "Kelly", le mien, le seul, l'unique sac Hermès de ma vie, un sac noir classique, ce sac obtenu à un prix très raisonnable grâce à une amie qui avait un ami qui...
A l'époque, j'étais jeune, je n'avais pas conscience qu'un "Kelly", c'était le sac d'une vie.
Par malheur pour moi, il est resté un moment chez ma mère.
Un jour, accompagné du Goût et de l'Ours, j'ai décidé de récupérer mon sac.
Ma mère avait sa "tête à embrouilles".
J'ai récupéré mon sac.
Mon "Kelly" était entièrement lacéré par sa bestiole.
Inutile de vous dire que je n'étais pas satisfaite.
J'ai porté ce sac chez un cordonnier de luxe.
Il fut catastrophé.
Mon sac a été un peu amélioré mais il n'était plus possible de sortir avec.
Il a servi de réserve à photos.
Le sac et les photos ont disparu aujourd'hui...
09:38 | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : jeu, hermès, tout sur ma mère.

