24/11/2016
Quand j'étais libraire 2.
Une librairie sans clients, ça n'existe pas.
Et c'est parfois dommage sauf pour les échéances...
Parmi ces clients, j'avais celle qui venait chaque jour et qui chaque jour me disait que j'étais la commerçante la plus mal-aimable du quartier.
Je n'ai jamais compris son obstination à revenir jour après jour.
J'avais aussi un client, un peintre un peu perdu, je l'aimais bien.
Le Goût le rencontrait parfois.
On discutait, ce n'était pas un ami.
C'était plus qu'un habitué mais il ne faisait pas partie du Club des amateurs de whisky du samedi...
Un jour, il est arrivé, encore plus triste que d'habitude et il a proposé de me payer tout ce qu'il m'avait volé.
Je suis restée muette.
Je n'aurais jamais pensé que cet homme triste était un voleur de livres.
Il a sorti sa petite liste.
Nous l'avons pointée.
Il avait volé dans deux librairies du quartier et voulait rembourser ses larcins correctement, je n'ai trouvé que deux choses à dire :
- Ah vous aimez beaucoup la SF !
Et
- Ah non, celui-là, c'est plutôt l'autre librairie...
C'était lui le voleur, c'était moi la gênée.
On a fini par trouver un accord.
Il a fait un chèque.
Dès son départ, j'ai téléphoné au Goût et j'ai raconté.
Le Goût a ri et m'a dit "tu viens de prendre un bout de bois !"
Le chèque a été payé, je n'ai jamais revu mon voleur...
09:36 | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags : librairie, clients, vol, rire


