11/03/2006
Lettre à un jeune poète

Mon ours, c'est comme ça que je t'appelle dans la vie de tous les jours. Tu ne vas pas être surpris par la photo, tu sais ce qu'on voit de nos fenêtres.
C'est vrai, il ne neige plus, l'arbre de la maison de la voisine, tu sais la maison qui nous fait baver d'envie commence même à avoir de jeunes pousses.
Même plus besoin de téléphone, aujourd'hui, je ne sais pas si tu viendras me lire, tu dors, heureux de pouvoir aller au salon de la bijouterie à Bâle, pendant que Jolie jeune fille sera en Turquie.
Je ne vous demande pas : "Qui va garder les chats, je le sais".
Ton père et moi avons le sommeil un peu perturbé, nous tenons des conversations un peu décousues la nuit.
C'est long d'attendre mais nous pensons, avons nous le choix ? que tout va bien ce passer.
C'était la réponse d'une mère à son fils..
10:53 | Lien permanent | Commentaires (30)
09/03/2006
Ensemble c'est tout

La vie reprend son cours normal, l'homme passera son scanner le 22 mars et verra un professeur le 30 mars.
Troublée par les évènements, j'en avais oublié mon asthme, hier je m'aperçois que je suis pratiquement en panne de médicaments, je dois à mon tour, me rendre chez le médecin, l'homme qui ne souffre plus décide de venir avec moi.
Devant l'arrêt du bus, un bus presque vide, nous montons, pas pour longtemps, avant la Bastille, on nous annonce une grève des ambulanciers, tout le monde doit descendre, nous continuons à pieds et songeons qu'une petite pause déjeuner s'impose, arrêt au Petit Bofinger, c'est plutôt agréable.
La pause déjeuner s'éternise, le médecin arrête ses consultations à 16 h, j'avoue que j'ai envie de rentrer chez moi, il pleut, j'ai envie de récupérer un DVD, l'homme insiste, il a envie de poser des questions au généraliste.
Nous sortons de chez le médecin (l'homme se sent plus vaillant), je passe faire un tour au Monoprix, je rencontre un copain de mon fils, on discute, retour à la maison vers 20 h, pas de blog, je n'ai pas le temps.
Aujourd'hui, la chercheuse d'appartement passe, elle ne cherche pas un appartement, elle veut des chaussures (ça prend presque autant de temps qu'une visite d'appartement), je veux mon DVD, j'insiste, je finis par le récupérer, j'en achète d'autres, une amie très chère me téléphone, J..fait la gueule, à mon grand regret, j'abrège l'appel, mon téléphone resonne, un ami décide de diner avec nous, il vient de partir (je n'ai pas le temps d'aller lire les blogs).
Nous sommes vivants, nous vous remercions tous de votre tendresse et de votre amitié, si la vie m'en laisse le temps, demain j'irai lire vos blogs.
22:45 | Lien permanent | Commentaires (27)
07/03/2006
Felix epoux X
maintenant que la tension est un peu retombée, qu'il ne reste plus qu'à attendre le verdict (c'est pas le plus facile), j'en profite pour remercier celle qui dans son mail (que j'ai lu entièrement à l'homme) a su le rassurer !
Je vais vous raconter une partie de ma journée de vendredi, je vous passe mes appels téléphoniques divers et variés, n'aboutissant à rien, puis ma décision de l'emmener en taxi aux urgences de l'hôpital pas très loin de chez moi.
L'homme souffrait, c'était manifeste, les formalités administratives ont été rapides et sa prise en charge, pour soulager la douleur, immédiate.
On lui a donc donné au début un analgésique puissant en perfusion qui n'a rien fait, l'interne très rapidement est revenu le voir, lui a demandé de noter sa douleur sur une échelle de 10, l'homme aurait bien répondu 11 et il a été décidé très rapidement de le passer sous morphine.
Que ceux qui pensent : "Quel pied !" quittent les lieux ! Je ne comprends même pas que certains payent des sommes folles pour ça, la morphine soulage la douleur mais ça vous change un homme. Comme il devait passer certains examens, l'interne, toujours aussi gentil me conseille de rentrer chez moi, de préparer quelques affaires car, même dans un autre hôpital, l'homme ne passera pas la nuit chez lui, il me promet de me téléphoner lorsque les examens seront terminés, ce qu'il a fait malgré sa charge de travail.
Entre temps, mon éclopé de fils arrive en taxi, j'ai jeté dans un sac (cadeau d'une amie) quelques affaires et nous repartons à l'hopital, l'homme est installé sur un brancard, dans le couloir, sa perf de morphine coule toujours, il a les pupilles rétrécies et un comportement difficile à gérer, mon fils me dit : "Maman si tu rencontres dans la rue quelqu'un avec les yeux de papa, qu'il te demande un euro, donne lui immédiatement".
E... anxieux comme sa mère, utilise l'humour pour dédramatiser, il me parle des pigeons toxicos, pendant ce temps là, l'homme vomit, la morphine fait vomir, il ne lui est pas possible de se déplacer, il ne connecte pas, il veut se lever, pour "vomir à sa main", il manque d'arracher sa perf, je cours chercher une infirmière qui l'aide et lui conseille de rester couché.
Mais l'homme est bizarre, il est couché sur son manteau, tient contre son coeur sa chemise et refuse que je pose le sac par terre, chaque fois que j'essaie de me poser à côté de lui, il réclame son sac, j'ai l'impression d'être marié avec Zezette épouse X, son brancard est devenu sa maison, il refuse de quitter des yeux ses maigres possessions.
E.. me dit : "Maman, laisse tomber, il est raide défoncé". Samedi matin, Félix était encore dans le pâté, il a complètement oublié son amour pour son sac (qui contenait un pyjama et un nécessaire de toilette)
10:00 | Lien permanent | Commentaires (49)

