22/09/2008
Si tu t'imagines

Lorsque Queneau écrivait "Si tu t'imagines" et que j'écoutais machinalement Juliette Gréco, je ne savais pas que même en freinant des quatre fers, on vieillit et que vieillir c'est MAL et ça fait mal !
Hier je suis allée sur le marché, sans courir, de toute façon, j'ai pas de souffle, mais faire la queue lorsque votre dos vous rappelle que vous n'avez plus vingt ans, et surtout s'apercevoir que votre marchand n'a plus ses merveilleuses saucisses auvergnates, pas grasses et délicieuses au grill, c'est pas top !
Il faisait beau sur Paris hier alors j'ai ouvert les fenêtres et j'ai décidé de rester tranquille, j'ai retrouvé le "Journal d'une voisine" de Doris Lessing, la première fois que je l'ai lu, elle avait choisi un pseudo, elle s'appelait Jane Somers, un succès en librairie un peu comme Romain Gary avec son double "Emile Ajar".
A la première lecture, j'étais jeune, j'ai dévoré ce livre, je ne me sentais pas vraiment concernée, le sujet est difficile - la vieillesse solitaire, désargentée- aujourd'hui mon regard est différent, je comprends et j'appréhende, les abandons divers, la lutte contre la saleté, la lutte pour trouver la force de se laver.
C'est pas le genre de bouquin à lire lorsque votre dos est bloqué .
Hier soir, j'ai regardé Barnaby pour finir en beauté une journée végétative, ça tourne au Grand Guignol...
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