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15/02/2006

Paris, ville lumière et vices cachés..



Il pleuvait fort sur la grand route lorsque nous sommes parties visiter un appartement, j'avais prévenu Madame de, en qui me concerne, je fais une pause, j'ai envie de voir autre chose que des appartements horribles à des prix prohibitifs (6000€ le m2 dans le 20ème arrondissement, que dire du 7ème alors).

Surprise agréable, l'immeuble est sympathique, il est pourvu d'un ascenseur minuscule (j'ai grimpé les deux étages à pieds), normalement l'appartement est vide, Madame de doit pouvoir critiquer en toute quiétude, manque de chance, il est occupé par sa propriétaire, une jeune femme pas vraiment aimable, que nous avons réveillé (elle faisait la sieste), je comprendrai après pourquoi.

Elle nous prie mollement de visiter malgrè tout, cuisine, salle de bains, c'est tout bon, séjour plus qu'agréable, cheminée (feu ouvert pour les lecteurs belges) propre, très propre, Madame de peut poser ses meubles, nous cherchons les vices cachés, un long entrainement nous a permis de constater que la perfection n'existe pas, qu'il est possible de gérer certains inconvénients mais que sur Paris d'autres peuvent conduire à la dépression (habiter en face de Beaubourg, par exemple).

Grand bureau, chambre en enfilade, le tout un peu sombre mais il pleut et nous sommes en hiver, les rideaux sont en lin, on ne voit rien à travers, la curiosité me pousse à regarder, le voila le vice caché, un immeuble hideux, des canettes de coca, de bière, des mégots jetés sur ce qui fût une pelouse et du bruit, pourtant il pleut et il fait froid. La propriétaire nous informe qu'il s'agit d'un foyer pour "travailleurs migrants" que la mairie s'engage à le remettre en bon état (je garde mes doutes pour moi, ces pauvres gens ne votent pas, ils ne sont donc "rien").

Nous sortons et je propose à Madame de d'aller voir le foyer, l'appartement lui plaisant, il faut voir l'environnement, une fois de plus, j'ai honte pour la France, ce foyer est immense, il tombe en ruine, sur l'entrée principale on peut lire "Ville de Paris, foyer pour travailleurs étrangers migrants".

Comment la France, pays des droits de l'homme, ose-t'elle faire vivre des hommes dans ces conditions, Brigitte Bardot, si nous avions été devant un refuge pour animaux aurait fait porter une pétition au Président de la République.

J'ai mal à la France aujourd'hui...